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RÉPARTITION DES REVENUS AU SEIN D’UNE COOPÉRATIVE AGRICOLE : «Si vous ne produisez pas, vous ne bénéficierez de rien », dixit Jacques BALOGOUN

 RÉPARTITION DES REVENUS AU SEIN D’UNE COOPÉRATIVE AGRICOLE : «Si vous ne produisez pas, vous ne bénéficierez de rien », dixit Jacques BALOGOUN

Au cœur du bon fonctionnement des coopératives agricoles, la répartition des revenus joue un rôle central. Dans cette optique, la coopérative mise sur des critères objectifs tels que la quantité de production pour déterminer la part de chaque membre. Cet entretien avec Jacques Balogoun, président de la COJEMAS, renseigne plus sur le sujet.

Jacques BALOGOUN, Président de la COJEMAS

Présentez-vous, s’il vous plaît.

Je suis Jacques BALOGOUN, président de la coopérative des jeunes maraîchers de Sèmè-Kpodi.

Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne la répartition des revenus au sein de votre coopérative agricole ?

En ce qui concerne la répartition des revenus, je pense que cela dépend des efforts fournis par chaque membre. Permettez-moi de m’expliquer : il y a un an, nous avons réalisé des cultures groupées pour nous rendre sur un marché, il s’agissait de la vente de tomates collectivement. Pour chaque membre, la superficie exploitée déterminait le montant des revenus qu’il pouvait tirer de la vente. Pendant cette période, nous avons prélevé seulement 200 FCFA sur chaque panier de tomates. Ensuite, le comité s’est réuni pour répartir ces revenus entre les producteurs en fonction du nombre d’hectares qu’ils avaient cultivés. Cela signifie que si en tant que producteur et membre de la coopérative, vous ne produisez pas de tomates pendant cette période, vous ne bénéficierez de rien. La répartition est proportionnelle au chiffre d’affaires réalisé par chacun.

Quels critères sont pris en compte pour déterminer la part de chaque membre dans les revenus de la coopérative ?

Pour être éligible, il faut tout d’abord travailler, c’est-à-dire produire. Ensuite, le critère de quantité de production entre en jeu. Plus vous produisez, plus vous bénéficiez des revenus de la coopérative, ainsi que des soutiens et de l’appui de l’organisation qui accompagne la coopérative.

Comment évaluez-vous les contributions de chaque membre à la coopérative ?

Cela dépend de l’activité de chaque membre. Tout d’abord, nous avons des contributions standard, à savoir les cotisations mensuelles. Au sein de la COJEMAS, la cotisation s’élève à 6 000 FCFA par an, soit 500 FCFA par mois. En plus de cela, nous avons d’autres cotisations pour répondre à certains besoins sans l’aide des dirigeants et du président de l’organisation.

Ya -t-il une différence dans la répartition des revenus en fonction du type de produit agricole ?

En réalité, non, il n’y a aucune différence. Les règles de répartition des revenus n’ont été appliquées au sein de notre coopérative que l’année dernière. Nous espérons nous conformer entièrement aux règles d’ici l’année prochaine. En ce qui concerne la répartition des revenus pour chaque type de produit agricole, nous ne faisons aucune distinction. Au contraire, nous encourageons tous nos producteurs à s’améliorer afin de valoriser le nom de notre coopérative. Nous tenons d’ailleurs à remercier nos partenaires qui nous accompagnent. Les soutiens que nous recevons se présentent le plus souvent sous forme de kits, et la répartition se fait alors par producteur, sans aucune différence à ce niveau. Les kits sont composés de tout ce qui peut aider dans le maraîchage, et chez nous, chaque producteur en a bénéficié.

Avez-vous mis en place des mécanismes pour encourager les membres à augmenter leur productivité et ainsi augmenter leur part dans les revenus ?

Bien sûr, car nous bénéficions du soutien d’acteurs et de projets-cadres qui contribuent au bon fonctionnement de nos activités. Je pense personnellement que ces actions encouragent grandement les producteurs que nous sommes à participer aux cotisations de nos coopératives. Au sein de la COJEMAS, nous avons mis en place un système de réseautage qui nous permet de nous soutenir mutuellement et de stimuler nos chiffres d’affaires et nos exploitations. Cela nous aide à faire face aux charges de la coopérative de manière plus efficace.

Comment gérez-vous les éventuels conflits entre les membres concernant la répartition des revenus ?

Les conflits sont inévitables au sein d’une association, mais lorsque nous sommes confrontés à de telles situations, un travail approfondi est réalisé. Permettez-moi de m’expliquer : en tant que membre, si vous ne vous engagez pas dans votre coopérative et qu’il est nécessaire de répartir les revenus, il est évident que vous serez mis de côté. Ainsi, pour gérer ce genre de conflits chez nous, nous répartissons les revenus en fonction des investissements réalisés par chacun.

Comment envisagez-vous l’avenir de la répartition des revenus au sein de votre coopérative agricole ?

Il est très prometteur et encourageant. Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe, tous les membres des coopératives ont compris qu’il est nécessaire de se mettre à jour et de respecter les règlements de la coopérative afin que les bénéfices leur reviennent.

Propos recueillis et transcrits par Ange Céline GBOVI.

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