Cancel Preloader

1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

REVALORISATION DES RÉSIDUS AGROALIMENTAIRES : Un premier équipement en bioénergie mis à la disposition d’une PME au Burkina-Faso

 REVALORISATION DES RÉSIDUS AGROALIMENTAIRES : Un premier équipement en bioénergie mis à la disposition d’une PME au Burkina-Faso

De la bioénergie à partir de résidus agroalimentaires, c’est le pari tenu par le projet BioStar à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso dans une PME de séchage de mangue. Il s’agit d’un tout nouveau modèle de séchoir, dont la chaleur provient de la combustion de coques de noix de cajou. Ce résultat vient au bout de deux ans de collaboration du projet porté par une dizaine d’organismes de recherche et développement africains et européens

Jean-Baptiste HONTONNOU

Pour résoudre le problème lié à l’accès à l’énergie de nombreuses entreprises installées en milieu rural en Afrique de l’Ouest, le projet BioStar se pointe en sauveur. Il vise à développer des solutions en bioénergies durables pour les petites entreprises agroalimentaires des territoires ruraux au Sénégal et au Burkina Faso. En effet, seize PME, au Burkina Faso et au Sénégal, participent au projet en tant qu’entreprises pilotes. En juillet dernier, un premier équipement en bioénergie a été installé au sein de la PME AgroBurkina, une entreprise de production de mangues séchées. Convaincu de l’intérêt et de la performance de la technologie, AgroBurkina envisage déjà l’installation d’un autre séchoir à bioénergie de plus grande capacité et fabriquée par des équipementiers locaux. En parallèle, des équipements identiques seront répliqués en fabrication locale pour être installés au sein de trois autres unités pilotes de séchage de mangues, au Burkina Faso et au Sénégal.

Par ailleurs, cette innovation est dans l’élan de substituer l’énergie fossile par de la biomasse renouvelable. « L’accès à l’énergie et son coût constituent de puissants freins au développement de notre entreprise », concède Samuel Doamba, directeur général d’AgroBurkina. 

« Entre 300 et 400 bouteilles de gaz sont quotidiennement nécessaires au sein de notre unité de transformation pour le séchage des mangues, occasionnant un budget énergie représentant plus de 60 % de notre chiffre d’affaires. Le projet BioStar nous permet d’innover très rapidement dans ce domaine, tout en offrant à terme les conditions favorables au développement d’une véritable filière bioénergie dans notre pays, à travers la mise en réseau d’un maximum d’acteurs burkinabés et notamment des équipementiers locaux »,

a-t-il ajouté.

Ce qui fait la particularité de cette innovation est qu’elle est faite à base des coques des noix de Cajou, un résidu qui est parfois jeté. « Les coques sont considérées comme un polluant et sont rejetées en grande quantité par les PME qui transforment la noix de cajou. Pourtant, le contenu énergétique élevé de ces résidus en fait un très bon candidat pour la production de bioénergie », affirme Laurent Van de steene, spécialiste à l’unité de recherche BioWooEB. Or, la combustion des coques pour en faire de l’énergie entraîne souvent beaucoup de fumée. Les scientifiques se sont ainsi attelés à concevoir une solution moins polluante.

De façon succincte, il faut dire que ce partenariat a abouti à la construction d’une chaudière adaptée à la combustion de coques de noix de cajou, qui produit de l’eau chaude pour alimenter un séchoir à mangue.

« Le brûleur fonctionne à 100 % avec des coques de noix de cajou. La combustion est stable et propre, c’est-à-dire qu’elle produit très peu de cendre et aucune fumée »,

se réjouit Laurent Van de steene. « Quant au séchoir, le temps de séchage est plus court que les séchoirs à gaz et la qualité des mangues séchées est améliorée ».

Loading

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *