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100 MILLIARDS POUR SOUTENIR L’AGRICULTURE AU BÉNIN: Les acteurs agricoles apprécient

En sa séance hebdomadaire du mercredi 29 juillet 2020, le gouvernement Béninois a pris d’importantes mesures dont le financement agricole, à travers d’importantes ressources à hauteur de 100 milliards de FCFA. Un montant complètement orienté vers le guichet 3 du Fond National de Développement Agricole, spécialement destiné aux crédits. Les acteurs du secteur agricole ayant des projets, disposent désormais des possibilités de financement soutenues par l’Etat. Que pensent-ils de cette mesure ?

Par Laure LEKOSSA

Soutenir la facilitation de l’accès au financement agricole des projets et programmes des producteurs et entrepreneurs évoluant dans l’agriculture. Tel est la véritable raison de cette mesure prise par le gouvernement béninois en mettant à la disposition du FNDA un montant de 100 milliards. Ce fond, est d’abord destiné à renforcer les capacités financières des banques ou SFD, partenaires du FNDA qui s’engagent pour financer convenablement le secteur agricole. Ensuite, il permettra au FNDA de garantir à hauteur de 50%, les besoins de financement exprimés par les exploitants agricoles auprès de ces banques ou SFD. Enfin, il permettra de soutenir le taux d’intérêt des exploitants agricoles qui vont présenter des projets d’investissement ou des projets d’équipements de sorte qu’au terme, ces exploitants agricoles reçoivent le crédit au taux de 2%.

Les bénéficiaires éligibles de ces fonds sont les PME et les PMI agricoles, les coopératives de producteurs ou de transformateurs immatriculés auprès du MAEP, les petits exploitants agricoles disposant d’un IFU. Les activités de ceux-ci doivent être liées aux filières prioritaires promues par les Agences Territoriales de Développement Agricole (ATDA). Il s’agit notamment des filières ananas, anacarde, maraîchage, maïs, riz, manioc, soja, karité, coton, aquaculture, palmier à huile, viande et œufs de consommation, Elles peuvent également porter sur l’acquisition d’équipements et moyens de production, de transformation, de stockage, de conservation et de transport ou distribution, l’acquisition d’intrants agricoles spécifiques, le renforcement de fonds de roulement. D’une manière générale, la grande masse des producteurs de type familial accède difficilement au financement.

Lorsqu’il est assuré, le financement du secteur agricole relève principalement des institutions de microfinance, les projets disposant de lignes de crédits agricoles et plus rarement, par les banques commerciales. En outre, les crédits sont majoritairement à court terme (80 %), moins fréquent à moyen terme (moins de 20 %) et extrêmement rare sur le long terme. Par ailleurs, en dehors de la filière cotonnière, les banques se montrent réticentes à financer les filières agricoles à cause des divers aléas du secteur.

Une approche novatrice appréciée des acteurs…

Pour l’ensemble des associations faîtières, ces mesures sont une première dans l’histoire du Bénin. Elles ont félicité et remercié le Gouvernement pour ces actions à leur endroit car, selon elles, sans aucun financement, on ne peut jamais amorcer le développement agricole dans notre pays. « C’est pour la première fois dans l’histoire de notre pays, qu’un gouvernement a pu penser aux agriculteurs. C’est pour la première fois qu’un chef d’état a vraiment voulu que les béninois mangent à leurs faim. En réalité ce n’est pas le crédit qui manque, mais les conditions liées à ce crédit ne favorisent pas le développement du secteur agricole. 100 milliards, c’est peu mais c’est vraiment beaucoup, 100 milliards pour soutenir les agriculteurs ce n’est pas donné à n’importe quel gouvernement d’avoir cette initiative. Je pense qu’au niveau des organisations paysannes de notre pays, nous avons compris qu’il y a vraiment un chef d’état qui a décidé d’accompagner l’agriculture, accompagner les acteurs du secteur agricole pour améliorer leurs conditions de vies » a déclaré Athanase Aguiya, président de la FUPRO –Bénin.

Il ajoute « je pense que c’est le moment pour dire à nos producteurs, productrices de profiter de l’occasion pour que chacun puisse s’installer, pour que chacun puisse profiter pour améliorer ses conditions de vies ». Edouard Assogba est le président de l’Interprofession de la Filière Anacarde abonde dans le même sens en soutenant que « C’est une bonne initiative parce que le FNDA est un outil pour accompagner les filières. Déjà deux cabinets de consultants sont mis à la disposition de l’ATDA 4 pour encadrer les acteurs du secteur agricole à monter de bons plans d’affaire pour bénéficier de la caution de 50%. En plus ce n’est pas une subvention donc il faut avoir de compétences pour éviter de dilapider les 100 milliards du FNDA. Et déjà au niveau de IFA, un partenariat est établi avec le FNDA qui assure un bon leadership dans le processus. »

Tout en appréciant à sa juste valeur cette mesure d’accompagnement prise par le du gouvernement, Marie Aguéwé présidente de l’Association Nationale des Femmes Agricultrices du Bénin (ANaF Bénin) notifie que les conditions d’accès à ce crédit n’encourage guère les petits producteurs « les 100 milliards, c’est bien c’est au profit des agriculteurs et ça été beau que la vulgarisation soit faite à travers tout le pays mais à mon appui, il faut dire que cet appui n’avantage que les grandes entreprises parce qu’ en voyant les conditions d’accès à ce crédit à part le Crédit Alafia, je ne vois pas en quoi le petit producteur serait avantagé. Moi j’appelle ça un circuit dans la mesure où ce sont les mêmes personnes qui bénéficieront de cet financement parce que moi-même je ne me retrouve pas à plus forte raison parler du petit producteur ou de la petite productrice à la base » a-t-elle souligné.

Notons tout de même que ce fonds vient à point nommé satisfaire les attentes des producteurs et entrepreneurs du secteur agricole en matière de financements.

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