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Genre et développement

AGRICULTURE EN AFRIQUE: Les femmes marginalisées malgré leur effectif… !

Les femmes contribuent largement au secteur agricole sur le continent et jouent un rôle essentiel dans le développement de la sécurité alimentaire. Dans certains pays africains, elles représentent, selon la FAO, 60% de la main d’œuvre agricole, pourtant elles bénéficient rarement des mêmes droits que les hommes. Comment placer enfin les femmes au centre de l’agriculture africaine ?

Par Laure LEKOSSA

Le manque d’accès à la propriété, au crédit, aux nouvelles technologies ou à la formation freine la productivité des femmes en Afrique. Leur contribution pourrait néanmoins représenter un formidable levier de développement économique. Selon la FAO, (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), les agricultrices africaines pourraient augmenter les rendements agricoles de 20 à 30%, si elles avaient le même accès que les hommes aux ressources productives. Les femmes rurales représentent 43% de la main-d’œuvre agricole dans le monde, mais seulement 20% sont des propriétaires fonciers. Elles produisent, préparent et transforment les aliments, mais elles accomplissent aussi les tâches domestiques. Par leur travail et leur engagement dans l’agriculture, les paysannes et femmes rurales contribuent au développement du tissu social et économique et des activités agricoles dans les régions périphériques.

Elles assurent des prestations en faveur de la société qui ne sont ni reconnues ni rémunérées. Et pour reconnaître le rôle et l’apport décisif des femmes rurales dans la promotion du développement rurale d’une part et l’élimination de la pauvreté d’autre part, l’Organisation des Nations Unies (ONU), a institué une Journée internationale de la femme rurale le 15 octobre par une résolution de 2007 où elle reconnait le rôle et l’apport décisifs des femmes rurales, notamment autochtones, dans la promotion du développement agricole et rural, l’amélioration de la sécurité alimentaire et l’élimination de la pauvreté en milieu rural. La proportion de femmes dans la production agricole et les activités après récolte varie entre 20 et 70 %; leur participation augmente dans de nombreux pays en développement, à la faveur notamment du développement de l’agriculture irriguée axée sur l’exportation, qui crée une demande grandissante de main-d’œuvre féminine, y compris de travailleuses migrantes.

Bien que cette dynamique ait produit des effets bénéfiques, la situation de la majorité des femmes rurales du monde entier continue de se détériorer : dégradation de leur état de santé et de leurs conditions de travail, accès limité à l’éducation et faible contrôle des ressources naturelles, précarité de l’emploi et faibles revenus. Cette situation tient à différents facteurs, notamment la compétitivité grandissante des marchés agricoles qui accroît la demande d’une main d’œuvre flexible et bon marché, la concurrence grandissante dont les ressources naturelles sont l’enjeu, la réduction de l’aide de l’État aux petits exploitants et la redistribution des ressources économiques au profit des grandes agro-industries, à quoi s’ajoutent une plus grande vulnérabilité aux catastrophes naturelles et aux changements environnementaux, les difficultés grandissantes d’accès à l’eau et l’aggravation des risques professionnels et sanitaires. Au Bénin, environ 70% des femmes vivent en milieu rural, où elles effectuent 60 à 80% des travaux agricoles et fournissent jusqu’à 44% des prestations nécessaires pour nourrir leurs familles. « la femme africaine est le moteur de l’agriculture, il n’y a pas là ou on ne peut pas trouver la femme ; dans les pays développés, la femme a elle-même son exploitation ; elles ont les moyens pour s’enquérir des terres, des moyens pour s’occuper de leurs exploitations mais les femmes africaines sont confrontés à beaucoup de difficultés dont les difficultés liées à l’exploitation des terres , des crédits et autres » notifie Marie Aguéwé, présidente des Femmes Agricultrices du Bénin ANaF Bénin.

Au regard des nombreuses difficultés auxquelles sont exposées les femmes, il s’avère nécessaire d’accorder à ces dernières, la priorité à l’amélioration d’accès à l’éducation, l’information, la science et la technologie, ainsi qu’aux services de vulgarisation. Pour ce faire, la prise de mesures juridiques relatives à ce type d’accès, de propriété et de contrôle et la mise en place en place des programmes de crédits appropriés s’imposent. Pour Eugénie Bokovou présidente départementale ANM Ouémé, il faut que l’état mette à la disposition des femmes africaines les moyens matériels et financiers et privilégier les femmes dans les projets d’état .

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