Les produits vétérinaires falsifiés au cœur des discussions
Le premier atelier régional sur les produits vétérinaires s’est ouvert le 21 janvier 2026 à Cotonou, au Bénin, dans un contexte marqué par la prolifération des produits vétérinaires falsifiés. Experts et acteurs du secteur se mobilisent pour protéger la santé animale, la santé publique et la qualité des viandes consommées.
La santé animale traverse une zone de turbulences sur l’ensemble du continent africain. Ainsi, la circulation massive de produits vétérinaires falsifiés affaiblit les systèmes vétérinaires, met en danger les élevages et expose les populations à des risques sanitaires. C’est pour répondre à ce défi que le premier atelier régional sur les produits vétérinaires s’est ouvert à Cotonou, le 21 janvier 2026, réunissant des acteurs venus de l’espace francophone.
En effet, pendant quatre jours, experts, professionnels des services vétérinaires, éleveurs, organisations de la société civile et partenaires techniques échangent autour des produits vétérinaires falsifiés. Les travaux visent à identifier les failles du système actuel et à proposer des mécanismes communs de prévention, de contrôle et d’alerte. Le premier atelier régional sur les produits vétérinaires entend poser les bases d’une réponse collective face à un phénomène transfrontalier.
Les diverses interventions lors de l’atelier
Dans un premier temps, au nom du ministère de l’Élevage, Madeleine Lafia Mora a dressé un tableau préoccupant de la situation nationale. « Au cours de l’année 2025, plus de 2 500 kilogrammes de produits vétérinaires ont été saisis et trois personnes complices interpellées grâce à une action multi-partie », a-t-elle déclaré. Face à ces constats, la représentante du ministre a souligné que « la veille doit être renforcée et des réseaux d’informations créés » afin de freiner durablement la circulation des produits vétérinaires falsifiés.
Ensuite, la dimension régionale du premier atelier régional sur les produits vétérinaires a été mise en avant par Anfrés Garcia Campos, chef de programme des produits vétérinaires falsifiés. « Votre mobilisation collective est une force déterminante pour protéger la santé animale, mais aussi la santé publique et la crédibilité de nos systèmes vétérinaires », a-t-il affirmé, appelant à une coordination renforcée entre les pays.
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Une initiative stratégique pour la santé animale
Les échanges portent également sur l’harmonisation des normes et l’utilisation d’indications conventionnelles précises devant figurer sur les produits vétérinaires. Ces éléments permettront de mieux identifier les produits vétérinaires falsifiés et de renforcer les capacités de contrôle sur les marchés.
Enfin, pour Ayodele Majetodunmi, coordonnatrice technique en Afrique de l’Ouest et du Centre, cette rencontre illustre un engagement clair. « Ceci est le témoignage de l’engagement constant du Bénin aux côtés de l’OMSA pour faire avancer la santé animale et la sécurité sanitaire en Afrique », a-t-elle indiqué. Elle a aussi rappelé que « les produits vétérinaires de qualité inférieure ou falsifiés affectent la productivité des secteurs d’élevage, la confiance des utilisateurs et constituent une menace pour la santé publique ».
Au-delà des débats techniques, ce premier atelier régional sur les produits vétérinaires accorde une place centrale à la qualité des viandes consommées. La sécurité sanitaire des aliments d’origine animale dépend directement de la qualité des produits vétérinaires utilisés. À Cotonou, la mobilisation engagée marque une étape décisive dans la lutte contre les produits vétérinaires falsifiés en Afrique francophone.
Innocent AGBOESSI


