Le 8 mars placé sous le signe de la production agricole
Au Burkina Faso, la célébration de la Journée internationale des droits de la femme prend cette année une dimension plus concrète. À Gaoua, dans la région du Djôrô, un site maraîcher moderne a été remis aux femmes afin de soutenir leur autonomisation économique et renforcer la sécurité alimentaire locale.
Le Burkina Faso célèbre le 8 mars autrement. À l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, les autorités burkinabè ont choisi de privilégier des actions concrètes au profit des femmes plutôt que de se limiter aux activités festives. Dans cette dynamique, la commune de Gaoua, dans la région du Djôrô, a bénéficié de la mise à disposition d’un périmètre maraîcher au profit des femmes.
Périmètre maraîcher au profit des femmes
Ce site, destiné à la production maraîchère, vise à soutenir les activités agricoles des femmes tout en renforçant leur autonomie économique. En leur offrant un espace aménagé et équipé pour la culture de légumes et d’autres produits agricoles, l’initiative entend améliorer leurs revenus, favoriser leur indépendance financière et contribuer à la sécurité alimentaire des ménages dans la localité.
Au nom du Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, le Chargé de mission à la Présidence du Faso, Dominique Conombo, a procédé le 4 mars 2026 à la remise officielle du site aux bénéficiaires. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale des droits de la femme et traduit la volonté des autorités burkinabè de promouvoir des actions concrètes en faveur des femmes.
D’une superficie de 1,5 hectare, le site maraîcher est situé dans le quartier Bakonon de la commune de Gaoua. Il est doté d’un forage à haut débit, d’un château d’eau d’une capacité de 10 m³ et de huit bassins de retenue d’eau, des équipements destinés à faciliter les activités de production maraîchère.
Selon Dominique Conombo, cette initiative marque un changement d’approche dans la célébration du 8 mars. « Cette année, sur instruction du Président du Faso, nous avons voulu rompre avec les activités festives du 8-Mars et initier des projets structurants au profit des femmes. Ce périmètre va contribuer à l’autonomisation de la femme et à la sécurité alimentaire dans la région du Djôrô », a-t-il expliqué, invitant les bénéficiaires à préserver ce site qui constitue un véritable levier de développement.
Pour leur part, les femmes bénéficiaires ont salué l’initiative. Leur représentante, Madeleine Da/Kambou, estime que ce site contribuera à améliorer les conditions de vie des femmes de Gaoua, notamment celles déplacées internes. Selon elle, ce projet permettra de renforcer leur autonomie financière et de favoriser leur auto prise en charge.
Suivre l’exemple n’est pas un péché
Dans plusieurs pays du monde, notamment en Afrique, les inégalités de genre continuent de peser lourdement sur les femmes, en particulier dans le secteur agricole. Bien qu’elles constituent une part importante de la main-d’œuvre agricole et participent largement à la production alimentaire, beaucoup d’entre elles disposent encore d’un accès limité aux ressources essentielles.
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L’accès à la terre demeure l’un des principaux obstacles. Dans de nombreuses communautés, les femmes cultivent de petites superficies, ce qui limite leurs capacités de production et d’investissement. À cette contrainte s’ajoutent d’autres difficultés telles que l’accès insuffisant aux intrants agricoles, aux crédits, aux informations sur les marchés et aux circuits de commercialisation.
Dans ce contexte, des initiatives comme la mise à disposition de périmètres maraîchers apparaissent comme des réponses concrètes aux défis de l’autonomisation économique des femmes. En facilitant l’accès à la terre, à l’eau et aux infrastructures de production, ces projets contribuent non seulement à améliorer les revenus des femmes, mais aussi à renforcer la sécurité alimentaire des communautés.
Si de telles initiatives se multipliaient dans plusieurs pays africains, la célébration de la Journée internationale des droits de la femme pourrait progressivement dépasser le cadre symbolique des discours, séminaires, panels et conférences. Elle deviendrait davantage un levier d’actions structurantes capables de réduire les inégalités persistantes et de promouvoir une participation plus équitable des femmes au développement économique et social.
Toutefois, à travers cette action, les autorités burkinabè entendent placer davantage la femme au cœur du développement local et national, en privilégiant des initiatives génératrices de revenus et de sécurité alimentaire.
Aboubakar FAÏSSAL


