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Agrobusiness

COMMERCIALISATION DU KLUIKLUI: Potentielle source de revenu pour les femmes transformatrices de Covè

L’arachide est transformée en huile et en pâte d’arachide partiellement déshuilée qui est roulée en bâtonnets puis frite. Le produit fini obtenu à la fin du processus est connu sous le nom de ‘‘Kluilui’’ en langue Fon. Il constitue une excellente source de revenu pour les femmes transformatrices vivant en milieu rural et  entre dans l’alimentation des populations, en particulier des enfants.

Ruth EDOH

Paradoxalement aux filières palmier à huile, soja et l’anacarde, la filière arachidière au Bénin n’est pas d’une grande importance du fait de sa faible productivité par les populations rurales.  Dans les communes telles : Agonlin, Covè, Za-Kpota et Zagnanado, la transformation de l’arachide est fortement pratiquée grâce aux transformations artisanales locales qui tirent de l’arachide des produits dérivés très appréciés par les consommateurs ruraux et urbains. De la transformation de cette culture, il est obtenu le ‘‘Kluiklui’’ issu de la pâte d’arachide déshuilée, roulée en bâtonnets et frite qui entre dans la consommation alimentaire régulière des Béninois. Près de 40% de la population constituée majoritairement des  élèves, des  étudiants et des apprentis ; en consomment plusieurs fois par semaine. 

Dans l’unité de transformation de maman Judith sise à Covè, on distingue plusieurs catégories de ‘‘Kluiklui’’ assaisonné avec du sel, de l’oignon, du piment, du gingembre. « Avant je faisais uniquement avec du piment mais avec l’insistance des clients, j’ai ajouté les autres épices », a notifié la transformatrice. Elle ajoute que ses ‘Kluiklui’’ sont vendus  aux grossistes et par quarantaine. «  Ici le plus gros est vendu à 700FCFA la quarantaine et le plus petit à 350FCFA la quarantaine ». On peut distinguer des tas de baguettes de ‘‘Kluiklui’’ plus chères et moins chères parce que cela y va du goût de chaque client. L’huile extraite de la pâte constitue une autre source de revenu pour ces femmes. Cette huile est communément appelé ‘‘Azinmi’’, huile d’arachide. « Après la mort de mon mari, c’est grâce à cette activité que je prends soins de mes enfants et les envoie  à l’école », a confié Maman Noël, grossiste revendeuse. Tant que rentable pour les transformatrices, les revendeuses, quant à elles, se plaignent du fait que le coût du transport constitue un fardeau pour ces dernières. « Je prends le ‘‘Kluiklui’’ à bon prix mais les chauffeurs nous prennent beaucoup d’argent parce que pour eux il faut veiller à  préserver le produit.  Aussi est-il que le prix de l’essence augmente de jour en jour ».

Le ‘‘Kluiklui’’ de par sa production artisanale est caractérise par des attributs tels que le goût, l’assaisonnement et la croustillance puis très apprécié par populations urbaine. Pourtant Marthe se plaint du fait qu’au cours de la transformation, les bonnes dames y ajoutent de la farine de maïs, ce qui détruit le gout du produit.  « Moi quand j’achète je suis découragé parce que les ‘‘Kluiklui’’ qu’on achète sont mélangés avec de la farine et ça se casse dans la main » a désoléé Marthe une consommatrice.

 Bien que rentable,  la transformation de l’arachide comporte d’énorme risques pour les transformatrices en raison de l’huile qui s’échauffe à une température élevée, et des pertes qui s’enregistrent lorsque l’arachide est de mauvaise qualité.

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