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Agriculture

GESTION DURABLE DES TERRES: Quelles pratiques pour les acteurs ?

Le Bénin fait face à une dégradation progressive des sols. De ce fait, un nombre important des terres agricoles sont moyennement ou sévèrement dégradées à cause de certaines pratiques agricoles. Au regard de cette situation, la restauration et la protection des sols représentent un défi majeur pour atteindre un développement durable et assurer une bonne sécurité alimentaire. Pour une gestion durable des terres, quelles pratiques doivent adopter les acteurs ?

Par Laure LEKOSSA

Les pays en développement se caractérisent actuellement par une explosion démographique importante, une intensification des cultures et une dégradation agricole excessive, une diminution des terres cultivables et des demandes croissantes en eau douce. Se faisant, les ressources restent limitées par l’expansion des secteurs urbains et industriels, des difficultés de maintenir la production agricole par une meilleure gestion des sols, et tous ces facteurs sont très délicats à cause des problèmes de sécurité alimentaire et de la pauvreté. Le défi de la recherche et des services de vulgarisation dans ces pays est d’augmenter les bénéfices agricoles par l’amélioration et le maintien du potentiel productif des ressources naturelles disponibles (notamment le climat, le sol, la végétation et l’eau).

Peu nombreux sont les pays en développement qui disposent de ressources financières suffisantes pour promouvoir une bonne gestion des terres, à l’aide de services de vulgarisation gouvernementaux, en vue d’atteindre la sécurité alimentaire. Au Bénin, la terre est l’une des richesses naturelles dont dispose le pays. La terre fournit directement les moyens d’existence à 60 pour cent des personnes, au travers de l’agriculture, de la pêche en eau douce, de la foresterie et d’autres ressources naturelles (FAO 2004). Mais la surexploitation menace sérieusement les ressources en terre et en eau dans quelques régions du monde et plus précisément au Bénin bien que la disponibilité de ces ressources y soit l’une des plus élevée sur terre. C’est la conséquence directe des besoins croissants d’une population en pleine expansion, conjuguée à des pratiques inappropriées de gestion des terres.

Du fait que l’agriculture ne peut réellement se développer que par une approche intégrée de gestion des sols et des nutriments, il s’avère nécessaire pour la gestion durable des terres, que les producteurs adoptent de bonnes pratiques agricoles. « Aujourd’hui, les pratiques culturales sont entrain de dégrader nos terres et aggravent l’état de nos sols qui sont en train de mourir. Pour cela, il est de bon temps qu’on remette les agriculteurs au cœur du système pour qu’ils prennent conscience de la chose et qu’ils veillent à restaurer les sols » fait savoir Askandarirou Kora, spécialiste en évaluation Environnementale et sociale Responsable suivi –évaluation et changements climatique. Nicolas Vigan, président du réseau des producteurs d’ananas du Bénin dira que pour les pratiques agricoles « nous faisons de la jachère ou la rotation ; nous faisons de l’ananas biologique donc nous apportons aussi des fertilisants organiques pour renforcer la fertilité du sol ».

Bien qu’elles s’appuient sur des processus naturels, l’agriculture de conservation des sols n’interdit pas le recours à des intrants chimiques. Les herbicides revêtent même une certaine importance en agriculture de conservation en particulier pendant la phase de transition, tant que l’équilibre dans les populations d’adventices ne s’est pas rétabli. Cela dit, en raison du rôle que jouent les organismes vivant dans le sol dans ce système de culture, l’emploi de produits chimiques, et notamment d’engrais, fait l’objet des plus grandes précautions. Les cultivateurs qui pratiquent une agriculture de conservation utilisent moins d’intrants chimiques que les agriculteurs traditionnels et la quantité de produits chimiques employés tend à diminuer au fil des années. Pour une parfaite conservation des sols, Askandarirou Kora estime que les producteurs doivent adhérer à des pratiques qui pourraient favoriser la gestion durables des terres comme le compostage pour les maraîchers, les associations de cultures surtout pour les plantes améliorantes ; l’assolement et la rotation des cultures, l’association agriculture –élevage ; la pratique de l’agroforesterie. Des pratiques fortement promues par le PADMAR (Projet d’appui au Développement du Maraîchage).

Pendant la phase de transition entre une agriculture traditionnelle et une agriculture de conservation, certains ravageurs ou agents pathogènes du sol peuvent poser de nouveaux problèmes du fait de la modification de l’équilibre biologique. Mais une fois l’environnement stabilisé, l’agriculture de conservation du sol tend à être plus facile à gérer et plus productive que les systèmes de culture traditionnels. Notons que d’importantes mesures sont mises en place aussi bien par les acteurs publics que par les acteurs non étatiques en vue d’encourager l’adoption des mesures de la gestion durable des terres (GDT) par les producteurs.

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