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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

PATATE DOUCE AU BENIN : De différentes variétés, elle doit sa subsistance sur le marché aux valeurs ajoutées

 PATATE DOUCE AU BENIN : De différentes variétés, elle doit sa subsistance sur le marché aux valeurs ajoutées

La patate douce, tubercule apprécié des consommateurs béninois pour sa saveur et sa polyvalence culinaire, connaît actuellement une disparité sur les marchés. L’approvisionnement en patate douce peut être compliqué en raison de sa variabilité selon les saisons et les localités.

Une vue sur les patates douces

Vanessa ZANNOU

La patate douce, qui appartient à la famille des racines et tubercules, a connu une croissance relativement faible de 1,46% par rapport à 2020 lors de la campagne agricole 2021-2022. Sa production est restée presque constante par rapport à la moyenne des cinq dernières années. En 2021, les racines et tubercules représentaient 67,5% de la production agricole totale au Bénin. Les tubercules cultivés dans le pays comprennent l’igname, le manioc, la patate douce, le taro et la pomme de terre. Au cours de la campagne 2021-2022, environ 7 478 134 tonnes de racines et tubercules ont été produites, contre 7 370 731 tonnes lors de la campagne précédente, mais cette production est légèrement inférieure à la moyenne des cinq dernières campagnes, qui est de 7 510 396 tonnes. En moyenne, au cours des cinq dernières années, la production de racines et tubercules représente près de 70% de la production totale des cultures vivrières, selon un rapport du Gouvernement. Quant à la production de patate douce, de taro et de pomme de terre en 2021-2022, elles sont estimées respectivement à 53 894 tonnes, 1 926 tonnes et 156 tonnes, contre 56 923 tonnes, 1 837 tonnes et 63 tonnes en 2020.

Le marché de la patate douce est actuellement en plein essor, avec une forte demande des consommateurs. Cependant, la disponibilité de ce tubercule varie selon les saisons et les régions, ce qui rend son approvisionnement compliqué. Selon Blandine KAKASSOU, vendeuse de patate douce au marché de Glo, c’est actuellement la patate douce de Tofi qui est disponible sur le marché, bien que d’autres variétés soient moins présentes. Toutefois, cette situation rend la tâche difficile car tous les consommateurs n’apprécient pas cette variété de Tofi, explique-t-elle.

Léocadie BOSSA, une commerçante au marché d’Akassato, affirme que la demande de patates douces n’a cessé d’augmenter. Les clientes viennent en masse pour en acheter, que ce soit pour les cuisiner en frites ou en chips. Certaines les emmènent même à l’extérieur, bien que l’utilisation qui en est faite reste inconnue. Les commerçantes ont également dressé un portrait des différentes variétés de patates douces disponibles sur le marché. Il y a la patate douce blanche et jaune, très appréciée pour sa chair ferme et son goût délicat, ainsi que la patate douce rouge, plus sucrée et souvent utilisée pour les purées. En ce qui concerne les prix, la patate douce reste un légume abordable pour la plupart des consommateurs. Les prix varient en fonction du type et de la qualité, mais en moyenne, on peut trouver la patate douce entre 2000 et 2500 francs CFA. Cependant, actuellement, la variété de Tofi sur le marché est plus chère, allant de 4000 à 5000 francs CFA par sac, selon Femi KPOSSOU, une revendeuse de patate douce au marché de Glo.

Pour mieux vendre leurs produits, les commerçantes rivalisent d’ingéniosité pour les présenter. En plus de vendre des patates douces fraîches, de nombreuses commerçantes et entrepreneures proposent des produits dérivés tels que des farines, purées et chips, offrant ainsi aux consommateurs des alternatives pratiques et savoureuses pour découvrir de nouvelles facettes de ce trésor culinaire. Le Programme Technologie Agricole et Alimentaire (PTAA) travaille également à la transformation de la patate douce en farine et en couscous, tout en explorant d’autres formes de transformation, selon Valère DANSOU, Attaché de recherche à l’INRAB. La patate douce a un fort potentiel sur les marchés, à condition de relever les nouveaux défis de la production et de la transformation. Il est important que les producteurs améliorent leur rendement afin d’assurer une disponibilité suffisante de matière première. En effet, certains commerçants soulignent que les patates douces produites actuellement se gâtent en seulement deux semaines, voire un mois tout au plus. Cette situation rend difficile la gestion de la chaîne de production. Les acteurs de la recherche doivent également trouver des stratégies pour conserver les nouvelles variétés de patates douces et diversifier les chaînes de valeur ainsi que les formes de transformation. Cela permettra d’exploiter pleinement le potentiel de la patate douce sur les marchés. De plus, la transformation de la patate douce en produits dérivés tels que la farine et les chips offre de nouvelles opportunités commerciales et permet de répondre à la demande croissante des consommateurs.

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