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Agriculture

RELANCE DE LA FILIÈRE LAIT AU BÉNIN: Voici les propositions de la Commission Permanente Agriculture de l’ANSALB

Echanger de façon approfondie sur la problématique de la production laitière au Bénin afin de formuler des suggestions aux décideurs politiques c’est l’objectif visé par la commission permanente agriculture de l’Académie Nationale des Sciences, Arts et Lettres du Bénin (ANSALB) à la faveur de cet atelier de deux jours tenu à Bohicon. Étaient présent à cet atelier de haut niveau des scientifiques, des communicateurs, des représentants des organisations professionnelles, des média spécialisés, des responsables d’institutions et des membres de l’académie. Le thème de cet atelier est « Etat des lieux, enjeux et défis de la production laitière au Bénin ».

Par Djibril AZONSI

Le lait est une denrée très importante dans l’alimentation des personnes de tous âges. Très riche en protéines et en calcium, il contribue fortement à la croissance des enfants et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Au Bénin, le lait est un produit dérivé de l’exploitation du cheptel bovin, prioritairement dévolu à la viande. Son importance dans les statistiques de l’élevage est considérée comme mineure et sa prise en compte est très récente. Les races locales de bovins au Bénin ne sont pas réputées pour leur production laitière. Si elles sont trypanotolérantes, leur production journalière traite est faible. Elle est estimée entre 0,5 et 2,5 litres par jour pour une production annuelle estimée à 200 litres traits par vache selon la Direction de l’élevage.

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La production nationale est encore faible. Cette quantité insuffisante de lait produit est due à la faiblesse de la productivité des races bovines du Bénin qui est liée à de nombreuses contraintes qui sont d’ordre climatique, alimentaire, sanitaire et génétique. Des programmes visant l’augmentation de la productivité des races locales sont mis en œuvre par les Projets tels que le Projet de Développement de l’Elevage (PDE) et le Projet d’Appui aux Filières Lait et Viande (PAFILAV). Des introductions de races bovines exotiques sont faites dans des fermes d’Etat en vue d’obtenir des métis de productivité élevée. Cependant ces actions s’avèrent encore insuffisantes : le Bénin importe près de 50% des produits laitiers.

La production locale est insuffisante pour satisfaire la demande nationale en forte hausse, en raison de la croissance démographique. Pour faire face à ce déficit, la principale source d’approvisionnement du Bénin est l’importation, la production locale étant très limitée. Les importations des produits laitiers sont, selon la FAO (2018) de 90 000 t en 2016. Elles ont doublé en 15 ans pour répondre à la demande urbaine. La poudre de lait écrémée prend aujourd’hui une place importante. La part du lait concentré est en en baisse mais reste relativement élevée par rapport à celle des pays sahéliens.

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Pour rappel, l’objectif du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) est d’atteindre une production locale en lait de 172 000 tonnes à l’horizon 2026.

Face à ce défi, la commission permanente agriculture de l’ANSALB a réuni des scientifiques, des professionnels du secteur et des institutions afin de réfléchir à des stratégies devant permettre d’atteindre cet objectif. Au menu des deux jours, 04 communications ont été animée portant respectivement sur la cartographie de la production et de la transformation du lait au Bénin, la capitalisation des expériences du Bénin et de la sous-région ouest africaine en matière d’amélioration de la production du lait, la sédentarisation comme enjeux et défis pour une production intensive de lait : amélioration des races bovines locales et/ou introduction des races laitières performantes étrangères, et la sédentarisation comme enjeux et défis pour une production intensive de lait : alimentation et santé animales. Il ressort des panels de discussions faisant suite à ces communications des actions fortes à mener pour espérer le décollage de la filière lait au Bénin.

Au nombre desquelles on peut citer : le développement d’un système d’insémination artificielle viable et maîtrisé, la structuration des acteurs de la filière (producteurs, transformateurs, etc) en mettant un accent sur le renforcement de leurs capacités pour des actions de défenses et de lobbying en vue de la prise des mesures fiscales devant permettre de réduire la concurrence déloyale avec les produits importés. Il faut souligner qu’il a été recommandé de conduire une étude sur les besoins en lait et sur les chaines de valeurs lait au Bénin.

Les espoirs de la relance de cette filière combien importante pour l’économie béninoise se reposent désormais sur la mise en application effective des recommandations dudit atelier.

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