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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

SOUTENANCE DE THÈSE À L’UAC : Delphine BODJRENOU fait docteure en sociolinguistique

 SOUTENANCE DE THÈSE À L’UAC : Delphine BODJRENOU fait docteure en sociolinguistique

Elle est désormais docteure en science du langage et de la communication dans la spécialité sociolinguistique. Elle a défendu sa thèse sur le thème intitulé ‘’La manifestation du pouvoir dans le discours des femmes productrices de coton biologique d’Aklampa, dans la commune de Glazoué au Bénin’’. La soutenance a eu lieu le 29 mars dans la salle de conférence Michel BOKO de l’École Doctorale Pluridisciplinaire2024 à l’université d’Abomey-Calavi.

Delphine BODJRENOU vertu de sa toge de docteure

 

Rébécca Kafoui KANSOU

Dans la matinée du vendredi 29 mars 2024 dans l’une des salles de l’École Doctorale Pluridisciplinaire à l’université d’Abomey-Calavi, s’est achevé plusieurs années de recherche intense sur les femmes productrices de coton biologique d’Aklampa. Delphine BODJRENOU, la désormais Docteure, a choisi de mettre en lumière les mécanismes par lesquels ces femmes productrices de coton biologique  expriment leur pouvoir à travers leur discours. Plusieurs raisons justifient ce choix. « Lorsque l’on aborde les thématiques environnement, agriculture écologique et biologique, les linguistes se font rares. C’est pour ça que nous avons choisi de dire que les linguistes peuvent mener des recherches dans toute discipline qui les intéressent », a-t-elle affirmé. Elle continue : « nous avons choisi ce thème parce que la femme est une cible vulnérable qui nous intéresse au plus haut niveau. Nous avons fait des observations sur des années et on a vu le changement transformatif du genre, le changement progressif dans leur discours ».

Cette thématique lui a permis d’explorer non seulement les expériences de travail de ces femmes dans les champs de coton biologique mais également l’expression de leur pouvoir économique et social. Les échanges au cours de cette soutenance ne sont pas seulement académiques, mais aussi une conversation profonde sur l’émancipation des femmes dans un secteur traditionnellement dominé par les hommes. Elle nous fait savoir : « Au terme de nos investigations, nous avons remarqué qu’il y a 14% de femmes qui dirigent des coopératives mixtes. Même les hommes ont reconnu qu’en matière de gestion, les femmes sont plus correctes, ce qui fait que pour la trésorerie, on a eu 18% qui gèrent les postes de trésorerie, et 84% qui gèrent les postes de commissariat au compte ». Elle confie avoir constaté que les revenus qu’elles tirent du coton biologique annuellement ont exigé leurs esprits à s’affirmer, à vaincre la peur et la timidité de parler. Pour le directeur de thèse, l’intérêt de ce sujet est une évidence  au vu des nombreuses polémiques autour de l’autonomisation de la femme.  « Aujourd’hui nous sommes en train de parler de l’autonomisation de la femme. Et pour qu’une femme soit autonome, il faut lui trouver quelque chose à faire nécessairement », Herman Vincent BATAMOUSSI, le directeur de thèse.

Un extrait de cette soutenance

Il faut notifier qu’au cours de ses enquêtes, Delphine BODJRENOU a recueilli les récits de 275 femmes productrices de coton biologique à Aklampa sur 360, soit 71% de l’effectif. Ce sont des femmes dont la résilience et la détermination reflètent les défis auxquels elles sont confrontées au quotidien, mais aussi leur espoir pour un avenir où le pouvoir est véritablement partagé. « La femme rurale aujourd’hui, c’est la femme qui était invisible hier et qui est devenue visible à travers les innovations agricoles, dont le coton biologique dans leur localité. » a-t-elle conclu.

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