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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

AUTOPRODUCTION DES SEMENCES : tout ce que les maraîchers rêvent de savoir

 AUTOPRODUCTION DES SEMENCES : tout ce que les maraîchers rêvent de savoir

Produire soi-même les semences serait une ambition de plusieurs acteurs du maraîchage. Demeurant assez rare, s’engager dans cette voie s’attribuerait à l’envie de diversifier son activité agricole, de relever le défi technique de conduire une parcelle de porte-graines, d’adapter les graines à son terroir ou encore d’avoir sur soi des semences introuvables dans le commerce et ainsi de les préserver. Mais, comment faut-il y arriver ? Dans un article publié sur Triple Performance, tout le secret est dévoilé.

 

Jean-Baptiste HONTONNOU

Si l’autoproduction de semences par les maraîchers est très rare, il faut dire qu’il y a quelque chose à voir avec le temps et la charge mentale supplémentaire que cela demande, surtout pour certains légumes sont beaucoup plus contraignants tels que les courges, les carottes, les brassicacées etc. Mais, il est préférable de ne pas se mettre une barrière tout en commençant par des légumes dont la production de leurs semences nécessiterait moins de tracasserie, comme par exemple la tomate, le poivron, l’aubergine, le melon, le persil, l’épinard…

D’abord, il faut dire qu’autoproduire les semences en tant que maraîcher présente plusieurs avantages. Primo, le maraîcher gagne économiquement, c’est-à-dire qu’il se passe des coûts parfois exorbitants des semences. Secundo, les graines seront « adaptées au contexte pédoclimatique et à la façon de jardinier ». Ces graines deviennent de plus en plus performantes au fil des générations (climat, maladies, nuisibles) et développent leur propre potentiel. Aussi, y a-t-il des avantages liés « à la réduction de l’utilisation d’engrais, des pesticides et fongicides, à l’utilisation des semences non hybrides, à la survivance de la diversité génétique de l’alimentation ». Néanmoins, il existe des inconvénients. Ceux-ci sont liés au temps important de travail supplémentaire, la nécessité d’une organisation rigoureuse, les compétences requises, une grande technicité en maraîchage diversifié et la difficile gestion des plans de culture.

Les étapes de production des semences

Pour la production des semences, certains matériels sont nécessaires. D’abord, l’on aura besoin d’une batteuse et d’une colonne à air pour trier toutes les graines, mais « le principal est d’avoir des grilles et un ventilateur ainsi que des sacs bine étiquetés et de stocker les graines dans un local à température constante et à l’hygrométrie peu élevé, avec une légère aération dans l’obscurité ». L’étape suivante consiste à se procurer des graines de qualités, non hybrides et reproductibles. Il est également important de sélectionner les individus. Cela se fait quand la première génération de culture a poussé et permet de ramasser les graines puis les conditionner et les conserver.

Selon le site, pour le ramassage, chaque plante a sa spécificité : certaines graines se récupèrent dans les fruits tandis que d’autres se trouvent directement sur la plante. Pour ces dernières, il suffit d’attendre qu’elles soient sèches pour les ramasser, bien veiller à retirer tous les insectes puis les conserver. Dans le cas des légumes, c’est assez simple de les récupérer. Il y a néanmoins une spécificité pour les graines des fruits aqueux comme la tomate ou certains concombres qui sont entourées d’une partie de gélatine. Il faut par la suite récupérer les graines dans le jus du fruit, laisser le mélange fermenter pendant quelques jours afin que la gélatine se sépare et quitte les graines, qui, elles, ne pourrissent pas. Rincer et retenir ensuite les graines à l’aide d’une passoire.

Une fois récupérées, les graines sont séchées sur un papier asséchant de type panier absorbant avant d’être conservées, en notant toujours les indications nécessaires (espèce, variété, date, lieu). Les graines de faible durée (anis, cerfeuil, oignon, panais, poireau…) sont à multiplier tous les ans tandis que les graines de bonne conservation (artichaut, aubergine, concombre…) peuvent être utilisées. L’étape de sélection des individus étant cruciale, « il est nécessaire d’être très vigilant, au risque de perdre la « pureté » de la variété, voire la faire évoluer vers un état dégénératif ». Il faut donc éviter les mélanges accidentels, limiter les croisements indésirables et préserver la diversité génétique et prévenir la dégénérescence.

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