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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

CAMPAGNE DE COMMERCIALISATION DU SOJA GRAIN 2023-2024 : Les raisons qui expliquent l’acheminement obligatoire du produit par le Port de Cotonou

 CAMPAGNE DE COMMERCIALISATION DU SOJA GRAIN 2023-2024 : Les raisons qui expliquent l’acheminement obligatoire du produit par le Port de Cotonou

Il y a quelques jours, le gouvernement béninois a pris des mesures au profit de la filière soja pour le compte de la campagne de commercialisation 2023-2024. Au nombre de ces dernières, il y a celle qui impose aux producteurs ou commerçants de faire acheminer leurs produits par le port de Cotonou avant qu’ils ne sortent du pays. Vue comme une méthode « d’offrir un mouton et de toujours détenir la corde » par certains, cette mesure serait bien raisonnable avec des justificatifs convaincants.

Jean-Baptiste HONTONNOU

Au cours de la campagne prochaine de commercialisation du soja au Bénin, il ne sera plus possible d’exporter sa marchandise par les frontières. Elle doit obligatoirement prendre par le Port Autonome de Cotonou. À l’annonce de cette mesure, plusieurs voix se sont levées estimant qu’il serait invivable pour un producteur qui est par exemple au Nord du pays de faire acheminer sa marchandise par le port. Car, considérant la distance, les tracasseries seraient de trop pour le producteur ou le commerçant et cela se résumerait à une politique de « deux poids, deux mesures ». Mais en réalité, cette manière d’appréhender la décision serait quasiment en déphasage vis-à-vis de la vision du gouvernement.  C’est du moins ce que pense Ernest Pédro, Agroéconomiste et Secrétaire Permanant de la Plateforme des acteurs de la société civile du Bénin.

Au Bénin, « nous avons un problème de statistique », dixit le Docteur, l’un des invités de l’émission 5/7 de l’ORTB du 22 novembre dernier. Pour lui,

« Si on n’a pas la traçabilité de nos produits, on a toujours de difficulté à se prononcer sur les statistiques réelles ».

Ainsi, le premier avantage de l’acheminement de tous les stocks de Soja par le port de Cotonou est que le pays aura la traçabilité de tout ce qu’il produit et « saura quelle quantité a été réellement exportée et quelle quantité est restée ». Certes à travers les frontières, cette traçabilité est faisable, mais l’on n’a pas tendance à oublier « combien de fois nos frontières sont perméables ». A en croire l’Agroéconomiste, le second avantage est que « les énormes subventions apportées par l’Etat dans cette filière seront restées pour les béninois ». C’est-à-dire, quand les producteurs seront peut-être contraints de vendre leurs produits à l’intérieur, ces subventions auront servi de nourrir indirectement les citoyens béninois au lieu de ceux des pays voisins.

Par ailleurs, au regard de cette mesure prise, il est important de surfer sur un aspect important : la vulgarisation de ces mesures et la sensibilisation des producteurs. « Bien que cette mesure ait été prise, il nous faut une équipe pour aller sur le terrain et sensibiliser les producteurs », recommande le Docteur Pédro au ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.

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