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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

COLLECTE DES AMANDES DE KARITE : Une activité à risque pour les femmes qui s’y adonnent ?

 COLLECTE DES AMANDES DE KARITE : Une activité à risque pour les femmes qui s’y adonnent ?

Culture d’exportation après le soja, le karité est un arbre exploité à l’état nature. Le ramassage de ses amandes est une activité que mènent de plus en plus les femmes. Une activité qui n’est d’ailleurs pas sans conséquences majeures.

Rodrigue Odilon Fiodessihoue

Scientifiquement appelé « Vitellaria paradoxa ou Butyrospermum parkii », le karité encore appelé « l’arbre à beurre » ou « l’or des femmes » donnent des amandes utilisées dans la fabrication du beurre de karité. Pour aboutir à cette transformation, il faut passer par la collecte ou le ramassage des amandes.

En effet, le ramassage des amandes se fait au cours de la saison des pluies au Nord du pays. Au cours de cette période, on rencontre un peu partout dans les endroits où les arbres sont présents, des femmes ou jeunes filles voire de jeunes garçons ramasser ces amandes. L’une des premières difficultés liées à cette activité est l’inaccessibilité ou l’accès difficile à ces fruits. En fait, la rareté des arbres de karité due à la déforestation et de l’abattage abusif de quelques arbres ne permet pas aux ramasseurs d’en avoir comme ils auraient souhaité. Ainsi sont-ils obligés de se lever tôt pour faire partir des premiers à ramasser quelques amandes. Gnammi Pitchiega, ramasseuse et transformatrice des amandes de karité à Matéri, affirme : « Aujourd’hui, compte tenu de la déforestation, les arbres de karité deviennent de plus en plus rares. On est donc obligé de parcourir de grandes distances avant de remplir nos bassines. » Elle poursuit en faisant savoir que cette déforestation serait liée non seulement à la volonté de planter en grand nombre des cultures, mais aussi au désir de fabriquer du charbon.

De plus, on note l’exposition des ramasseurs aux reptiles dans les brousses où le karité est disponible. Obligés de se rendre dans la brousse à la recherche du karité, les ramasseurs parcourent de grandes distances et risquent par conséquent leur vie. Une fois dans la brousse, ils sont exposés aux piqûres de serpent, de scorpion et d’autres reptiles. Ayidéhin Wassého Armand, coordinateur de la Fédération nationale des productrices d’amandes et de beurre de karité du Bénin Fnpk-Bénin) a fait mention aussi des difficultés relatives au ramassage à main nue, aux distances parcourues par les femmes à la recherche du karité. Il renchérit en disant que : « les ramasseurs ne disposent pas souvent des moyens pour porter ces amendes de la brousse vers leurs maisons. »

Au-delà de ces difficultés, il y a celle liée aux conflits entre ramasseurs et propriétaires de champs de karité. Saï Forni Anne est également l’une des femmes qui se consacrent au ramassage et à la transformation des amandes de karité à Perporiyakou. Elle renchérit « On trébuche très souvent en marchant dans les grandes herbes et souvent on se retrouve avec des blessures. La pluie aussi quelques fois nous surprend et cela nous crée des maladies telles que le rhume, la grippe, la toux et bien d’autres »

Au regard de l’importance de ce produit d’exportation, il serait judicieux de promouvoir les plantations de karité pour une durabilité de cette filière même si les contraintes qui en sont liées s’avèrent énormes.

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