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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

CULTURE DU SOJA BIO AU BÉNIN

 CULTURE DU SOJA BIO AU BÉNIN

Des itinéraires techniques très exigeants et indispensables s’imposent

Habituellement, toutes cultures céréalières se font de façon conventionnelle, mais depuis l’avènement de l’agroécologie, les mentalités ont changé. Que ça soit pour préserver le sol ou pour optimiser la productivité, la production biologique s’offre comme la meilleure alternative. Cependant, spécialement pour la culture du soja, certaines exigences culturales sont indispensables.

Un champ du Soja

Jean-Baptiste HONTONNOU

Majoritairement cultivé en pur au Bénin et souvent sous des climats à étés chauds, le soja est une légumineuse riche en protéines végétales et est essentiellement produit pour son huile. Il en existe plusieurs variétés avec des caractéristiques agronomiques différentes et répondant à des besoins particuliers. Les conditions de croissance optimales du soja nécessitent des températures moyennes de 20 à 30°C ; des températures inférieures à 20°C et supérieures à 40°C retardent sa croissance de manière significative.

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En effet, pour réussir sa culture biologique au Bénin, il existe des techniques à respecter. D’abord, considérant une fiche technique conçu par le programme Approche Communale pour le Marché Agricole-Phase 2 (ACMA 2), « il est recommandé de choisir un sol bien drainé mais non gravillonnaire. Le soja préfère les sols profonds, peu sableux, avec une bonne capacité de rétention en eau ». Etant une plante fragile et n’aimant pas les sols trop humides, il doit être cultivé sur des sols légers, sensiblement pauvres et acides.

Une fois le sol choisi, il faut le préparer. La préparation du sol commence à partir du mois d’avril lorsqu’il s’agit d’un nouveau terrain, et des mois de mai/juin pour un ancien sol ayant déjà reçu une fois de culture. Après défrichement, la fiche technique d’ACMA 2 recommande de procéder à l’essouchage de la parcelle afin de faciliter le labour. Le labour doit être effectué à plat ou en billons dès que le sol est humide, à la traction animale ou au tracteur. Jacques Roméo Mahoussi, spécialiste en finance agricole ajoute que « le labour a lieu du 15 juin au 15 juillet ». Le sol doit être bien labouré et débarrassé des mottes de terre après hersage afin de rendre uniforme le lit de semis. La fumure organique peut être apportée avant labour à raison de 2 t/ha. En ce qui concerne le choix de la variété cultivée, il est fait en fonction des besoins du marché, du cycle de la variété, de la tolérance aux maladies et des rendements potentiels. Il est donc recommandé d’acheter les semences certifiées auprès des structures compétences. Les variétés les plus connues sont : Jupiter, IRSA 2972, IRSA 44A/73, TC x 536-02D.

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Par ailleurs, la période de semis doit tenir compte du cycle végétatif de la variété choisie, car « la récolte doit coïncider avec le début de la saison sèche ». Ainsi, la période de semis doit comprendre entre le 15 juin et le 30 juillet au plus tard. Le semis se fait en ligne à l’aide d’un bâton et au cordeau et ce, pendant que le sol est humide après une pluie d’au moins 20 min.

Contrairement au soja conventionnel, « une parcelle qui a reçu auparavant des engrais chimiques ne peut être utilisée pour le soja bio et le précédent cultural doit être de la jachère », affirme Jacques Roméo Mahoussi. Pour lui, la parcelle peut toutefois provenir d’une terre cultivée auparavant mais qui n’a pas reçu d’engrais chimiques durant au moins 3 ans. Pour le nettoyage du champ, l’on ne doit pas bruler les mauvaises herbes, elles doivent être ramassées hors du champ et les semences à utiliser doivent être des semences certifiées. Il poursuit en soulignant que « le sarclage doit être fait manuellement et l’on ne doit utiliser d’herbicide ou tout autre produit ». De même, avant toute utilisation des outils de travail (houe, machette, bassine, bâche, etc.) dans le champ, il faut les nettoyer pour éviter tout contact de produit chimique. Pour le stockage, « il faut utiliser des sacs de jute propres et non ceux d’herbicides ou autres ».

Certes exigeantes, mais ces règles sont indispensables non seulement pour préserver les sols mais également pour les rendre plus productifs et avoir une production de qualité. Ce sont d’ailleurs ces méthodes qu’adoptent certaines femmes sojacultrices d’Aklampa dans la commune de Glazoué regroupées au sein de la coopérative « Ayidoté ». Accompagnée par l’Organisation Béninoise pour la Promotion de l’Agriculture Biologique (OBEPAB), ces femmes témoignent des grands avantages de la production biologique du Soja et invitent d’autres producteurs à emprunter ce chemin.

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