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Agrobusiness

ELEVAGE DURABLE : Les asticots, un « gros business » au Zimbabwe

Les agriculteurs zimbabwéens sont de plus en plus nombreux à élever des asticots pour nourrir leur volaille. « La sécheresse a fait exploser les prix de l’alimentation, mais les asticots ne me coûtent que de la main-d’œuvre. »

Ce quadragénaire élève 150 poules et un millier de cailles. « Avec l’explosion des prix de l’alimentation et la sécheresse provoquée par El Niño, j’ai commencé à chercher des alternatives pour nourrir ma volaille et j’ai découvert la production d’asticots », nous explique le longiligne zimbabwéen portant les cheveux courts frisés et une barbe, tout en prélevant des excréments sous les cages des cailles qu’il verse ensuite dans des seaux blancs avant d’y ajouter de l’eau. « Si le mélange est assez sale, les mouches se jettent dessus. Elles vont y pondre des centaines d’œufs qui deviendront des asticots en un seul jour », s’amuse-t-il.

Les asticots plus riches en protéines que le soja

« La part protéinique de l’alimentation est toujours la plus chère », explique Victor Marufu, de l’Association zimbabwéenne pour l’alimentation biologique et naturelle. Cette part est généralement constituée de soja, de farine de poisson ou de carcasses broyées, autant d’ingrédients coûteux, car ils ne sont pas produits au Zimbabwe et doivent donc être importés. « Ici, le soja coûte environ 500 dollars la tonne. Les asticots représentent donc une alternative bien plus économique qui contient même 5 % de protéines de plus que le soja », calcule M. Marufu dans son bureau du centre-ville de Harare, capitale du Zimbabwe.

En raison du nombre croissant d’agriculteurs zimbabwéens mis en difficulté par l’explosion des prix de l’alimentation, l’organisation propose depuis peu une formation à la production d’asticots. « Les agriculteurs zimbabwéens consacrent 80 % de leurs dépenses à l’alimentation des bêtes. Passer à l’élevage d’asticots peut vraiment faire la différence », indique Marufu.

Un intérêt pour toute l’Afrique

« Tout le continent peut bénéficier des asticots », affirme M. Marufu. « Non seulement parce qu’ils sont bon marché, mais également parce qu’ils contribuent à régler l’immense problème des déchets. Les jeunes défavorisés des zones urbaines, par exemple, pourraient commencer à collecter les déchets organiques pour produire des asticots. En vendant les asticots et le sous-produit d’engrais naturel, ils pourraient générer un revenu stable. En outre, nos usines de traitement des eaux usées sont confrontées à de graves problèmes, car les boues primaires attirent de nombreuses mouches, alors que l’on peut facilement utiliser les asticots pour traiter les déchets issus de l’eau

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