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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

ELEVAGE EN PÂTURE : Un moteur de fertilisation naturelle des sols pour une agriculture durable

 ELEVAGE EN PÂTURE : Un moteur de fertilisation naturelle des sols pour une agriculture durable

Rendre plus fertile et riche une terre agricole, telle est la préoccupation majeure de tous agriculteurs. Si plusieurs méthodes sont utilisées à cette fin, il n’en demeure pas moins que le pastoralisme constitue une source naturelle pour la fertilisation et la préservation des sols.

Jean-Baptiste HONTONNOU

Elle est la filière qui s’occupe de l’élevage des animaux tels que les bovins, les ovins et les caprins dans des pâturages et des zones de parcours. Il s’agit du pastoralisme. Au-delà de procurer un revenu, parfois une force de travail, et un capital financier aux familles agro-pastorales, cet élevage constitue un joyau pour l’agriculture. Le pastoralisme joue un rôle crucial dans la fertilisation et la préservation des sols. Tout d’abord, le bétail fournit des nutriments organiques précieux aux sols. Les déjections animales contiennent des éléments nutritifs tels que l’azote, le phosphore et le potassium, essentiels à la croissance des plantes. Lorsque les troupeaux se déplacent, ils dispersent ces éléments sur les pâturages, enrichissant ainsi le sol et favorisant la biodiversité végétale.

De plus, le piétinement du bétail contribue à l’aération des sols. Les pas des animaux agissent comme des mini-labourages, favorisant la décomposition de la matière organique et améliorant la structure du sol. Cela permet une meilleure infiltration de l’eau, réduisant ainsi le risque d’érosion et favorisant la rétention d’humidité.

Selon Pierre Hiernaux, spécialiste en écologie végétale, 

« l’élevage pastoral par son rôle de recycleur de la matière organique et minérale, et particulièrement les deux minéraux qui contraignent la productivité végétale spontanée ou cultivée, est un outil majeur de la transition agro-écologique dans la perspective d’une intensification par recours à des intrants ».

Pour lui, le pastoralisme constitue également un outil qui a l’avantage de contribuer à la satisfaction des besoins alimentaires à travers son potentiel à rendre les sols fertiles.

Par ailleurs, il est important de savoir que le pastoralisme permet aussi une rotation des pâturages, c’est-à-dire que cela permet aux éleveurs d’éviter la surexploitation des terres. De même, les périodes de repos permettent aux pâturages de se régénérer, favorisant ainsi la pérennité des écosystèmes et la préservation de la biodiversité. Sur un autre pan, ce type d’élevage participe à la lutte contre la désertification. Dans les régions arides, les troupeaux sont souvent déplacés de manière saisonnière, permettant aux pâturages de se reposer et de récupérer en eau. Cette rotation permet de préserver la couverture végétale, limitant ainsi l’avancée des déserts.

Autant donc d’apports que fait le pastoralisme aux sols pour une agriculture plus durable et rentable. Il est donc indispensable de reconnaitre cette partition pas moins importante et d’œuvrer pour qu’elle soit l’une des méthodes valorisées dans la fertilisation des sols.

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