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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

ENJEUX ECONOMIQUES DE LA FILIERE BOIS D’ŒUVRE AU BÉNIN

 ENJEUX ECONOMIQUES DE LA FILIERE BOIS D’ŒUVRE AU BÉNIN

« L’impact direct est l’influence positive sur le PIB » Bertin AKOUTA

Entrepreneur forestier depuis 1994 et Président de la Fédération Nationale des Associations des Opérateurs Economiques de la Filière Forêt Bois (FéNAOEF/F-B), Bertin AKOUTA évoque dans cette  interview les enjeux économiques de la filière Bois d’œuvre.

Bertin AKOUTA, Président FéNAOEF/F-B

Quels sont les facteurs économiques qui influencent la demande et le prix du bois d’œuvre ?

La demande est influencée par le prix, le pouvoir d’achat des consommateurs, la qualité du produit bois, la préférence des consommateurs et la compétitivité des produits venant d’autres pays fournisseurs sur le même marché de destination que le bois béninois. Le prix par contre est influencé par la chute des coûts mondiaux (dollar, la roupie indienne…), le coût de revient des matières premières, le coût de l’énergie électrique ainsi que la concurrence.

Comment les politiques gouvernementales et les réglementations environnementales affectent-elles l’industrie du bois d’œuvre sur le plan économique ?

Généralement, les politiques définies et les réglementations sont essentiellement à caractère protectionniste de l’environnement. Le gouvernement a pris des mesures lors de sa réunion du 1er mars 2017 pour réglementer l’exploitation, la commercialisation et l’exportation du bois et des produits en bois au Bénin. Cette décision fait suite à une mesure prise par le Conseil des ministres du 13 avril 2016, suspendant l’exploitation et l’exportation des produits forestiers ainsi que la délivrance d’agréments. Elle concerne principalement l’interdiction d’exporter toutes les essences de bois, à l’exception de celles provenant de plantations publiques et privées, telles que le teck, le Gmelina et l’Acacia, quel que soit leur niveau de transformation.  En plus de cette action, le gouvernement a doté le Bénin de la politique forestière, du document de la fiscalité forestière et aujourd’hui, il veut vraiment que les produits forestiers ligneux soient transformés pour acquérir de la valeur ajoutée avant d’atteindre le marché extérieur et ça, c’est une initiative du Chef de l’Etat en personne.

Quels sont les avantages économiques de l’utilisation du bois d’œuvre par rapport à d’autres matériaux de construction ?

Le bois est une ressource renouvelable. Quand il est séché, ses meubles durent dans le temps. Dans les zones tempérées, les revêtements en bois conservent plus la chaleur et permettent d’économiser l’énergie pour le chauffage.

Quelles sont les tendances actuelles en matière d’innovation et de technologie dans l’industrie du bois d’œuvre et leur impact sur l’économie ?

Il faut vendre avant de produire. Et dans cette démarche, si la transformation se fait au pays, nous pouvons nous positionner sur de segments avancés en termes d’innovation technologiques pour satisfaire la demande et par ricochet, être compétitif et vendre le meilleur produit à un meilleur prix au niveau international avec les certifications. Tout ceci avec une influence positive sur le PIB et la réduction de la pauvreté ainsi que la création de l’emploi. Les tendances en matière d’innovation sont la transformation plus poussée du bois, le séchage du bois, la valorisation des déchets de bois et la certification. L’impact direct, c’est la valeur ajoutée pour le bois et aux produits de bois, la création d’emplois, accès aux marchés de l’Union Européenne où le bois est mieux vendu.

Comment le commerce international et les accords commerciaux influencent-ils l’industrie du bois d’œuvre sur le plan économique ?

Le commerce international et les accords commerciaux influencent l’industrie du bois d’œuvre sur le plan économique à travers la demande mondiale qui augmente lentement malgré la hausse de la consommation de bois. Les bois d’œuvre tropicaux ne représentent qu’une faible part des exportations mondiales. Dans les négociations commerciales multilatérales, les bois d’œuvre sont couverts par les accords généraux de l’OMC et les accords régionaux, les droits de douanes etc.

Dites-nous pour finir, quels sont les facteurs clés à prendre en compte pour assurer la durabilité économique de la filière bois d’œuvre ?

Les facteurs, nous en avons plusieurs : créer la chaine d’approvisionnement durable en matières premières ; installer la chaine des valeurs pour la transformation du bois d’œuvre ; répertorier les industries moyennes de sciage de bois teck et autres à l’export et leur faire obligation de scier une partie de leurs produits sur les dimensions standards utilisables par les menuiseries et les artisans locaux ; rendre le bois disponible aux artisans locaux en créant des dépôts de vente de bois dans les grands centres-villes ; créer les conditions favorables pour l’installation des séchoirs à bois ; faire d’une obligation dans les commandes de l’état l’utilisation du bois teck ; réduire le cout de l’énergie électrique pour les industries du bois ; finaliser le processus de certification du bois teck béninois ; adhérer à l’APV- FLEGT de l’UE pour bénéficier de ces accords et permettre au bois béninois d’avoir accès au Marché UE ; harmoniser les prix de vente et de prestation de service dans la filière bois d’œuvre ; impliquer FéNAOEF /F-B  dans la mise en place de la chaine des valeurs et d’approvisionnent durable.

Propos recueillis par Vanessa ZANNOU.

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