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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

Facilitation de l’accès au marché par ACMA2: << La fermeture de la frontière Bénino-Nigériane a porté un coup à l’activité du warrantage à Avrankou >> dixit Gilles KPAGBIN

 Facilitation de l’accès au marché par ACMA2: > dixit Gilles KPAGBIN

Ils sont un certain nombre de gestionnaires recrutés par le programme ACMA 2 pour aider les acteurs dans la gestion des IEMs, indispensables pour l’activité du warrantage. Gilles KPAGBIN à qui l’on a assigné la gestion de l’IEMs de la commune d’Avrankou joue un rôle déterminant aux côtés des acteurs. Il lève un coin de voile sur son travail pour la réussite de l’activité ainsi que les difficultés rencontrées jusque-là.

Gilles KPAGBIN, Gestionnaire de l’IEMs d’Avrankou   

Comment en est-on arrivé à la mise en place de l’IEMs ?

Ce centre est construit pour un regroupement des huiles des producteurs, cette idée est venue après un constat triste.  Les producteurs ou transformateurs d’huile rouge étaient obligés de vendre leur produit à vil prix pendant une certaine période puisque l’huile a une période de forte abondance et de pénurie. Donc pendant la période d’abondance, sa valeur est faible donc les acteurs parce qu’ils ont besoin d’argent pour réinvestir dans leur exploitation sont obligés de brader l’huile. 

En quoi consiste votre rôle aux côtés des acteurs ?

Ce sont des acteurs qui sont bien moulés dans le domaine agricole, ils n’ont souvent pas le temps de gérer un tant soit peu tout ce qui est administratif, technique et autres. Nous sommes là pour les appuyer sur ce plan. Premièrement pour la tenue des documents de gestion puisqu’on doit avoir au moins une traçabilité de ce qui se fait. Ensuite, nous les appuyons sur le plan organisationnel. On les aide à bien tenir les réunions et ici précisément dans le centre, à la planification des activités. Nous les aidons aussi à trouver les marchés d’écoulement. Nous sommes juste leur bras technique. Ce qu’ils peuvent faire mais parce qu’ils n’ont pas le temps de le faire parce qu’ils sont dans leurs exploitations, nous le faisons pour eux et nous ajoutons la touche technique. Sinon c’est des acteurs très bien outillés.

Quelles sont les différentes étapes qui conduisent à l’obtention de crédits par les acteurs après la collecte d’huile au niveau de ce centre ? 

Il y a deux unions actuellement, l’union des producteurs et celle des transformateurs. Donc, nous avons un régistre de ces acteurs. Dès qu’un acteur vient avec son huile pour le stocker, on l’enregistre dans le régistre des déposants. Ensuite, on enregistre l’acteur sur une plateforme que ACMA 2 a mis en place juste pour bien organiser le système. Ça génère un identifiant, c’est un cet identifiant qui va nous aider à continuer le processus d’enregistrement. Alors on aide l’acteur à vérifier la qualité de son huile avec le PH-mètre et l’humidimètre. Dès que le stockage est fait, on lui délivre un certificat de dépôt. C’est un document qui comporte les informations sur l’acteur, sa provenance, la quantité d’huile qu’il a déposé, sa qualité et le montant de crédit qui correspond à la quantité de son huile et qu’il a sollicité. Il y a deux duplicatas de ce certificat, un ira à l’institution de micro crédit et l’autre reste ici comme source pour d’éventuelles vérifications.

Les acteurs ont notifié qu’ils reçoivent des ristournes à la fin de la campagne. Que peut-on comprendre par-là ?

Les ristournes c’est ce qu’on retourne aux acteurs à la fin de l’opération puisqu’elle consiste à apporter l’huile, la stocker pendant un moment, ensuite la déstocker puis la vendre. Après la vente de l’huile, on procède à des calculs. On essaie de déterminer le prix de revient, on calcule les charges durant la campagne, on prend le prix de revient dont on extrait les charges, le crédit déjà octroyé, l’intérêt que ce crédit à générer et ensemble ils définissent un montant à épargner pour la vie du centre. Tout ça déduit du prix de revient, il leur reste encore un montant qu’ils reprennent, c’est ce montant qu’on appelle ristourne.

Combien d’acteurs pratiquent le warrantage au niveau de ce centre ?

Aujourd’hui nous avons 206 acteurs qui ont adhéré au warrantage ici à Avrankou. Les acteurs ici se regroupent en coopérative pour travailler. Le warrantage ce n’est pas pour les gros producteurs, c’est surtout pour les petits producteurs.

Quelles sont les difficultés majeures que vous avez rencontrées depuis que vous avez commencé cette activité de warrantage ?

Il y a eu beaucoup de difficultés, la première a été l’accès au marché. Notre plus grand client, c’est le grand Nigéria qui est à côté de nous. De 2019 à 2020, il y a eu la fermeture de la frontière Bénino-Nigériane, ce qui a donné un coup à l’activité du warrantage. Quand on a eu ce problème, on s’est replié, on a pensé à un contrat formel à l’interne. L’année passée, nous avons pu vendre à l’intérieur du Bénin grâce au cadre de concertation installé avec les 9 communes qui font le warrantage avec l’appui de ACMA 2.  L’autre difficulté, c’est comment passer le message aux autres acteurs qui sont dans la filière huile de palme pour qu’ils adhèrent au warrantage. Nous souffrons du manque d’une raffinerie dans notre pays. S’il y avait des raffineries au Bénin, les producteurs seraient heureux.

Gilles KPAGBIN, merci

Propos recueillis et transcrits par Cédric Joawo BAKPE

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