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Entretien

VIDEKON OLIVIER FLATIN A PROPOS DE LA FILIERE PALMIER À HUILE : « Nous devons densifier nos interventions et appuis pour accroitre la productivité et la production »

Vidékon Olivier FLATIN Directeur des Programmes ATDA Plateau

Bonjour monsieur, présentez-vous.

Bonjour Madame, je m’appelle Vidékon Olivier FLATIN, je suis le Directeur des Programmes de l’Agence Territoriale de Développement Agricole du Plateau. Je suis également le coordonnateur du Programme National de Développement de la Filière Palmier à Huile (PNDF-PH) au Bénin.

En quoi se résume la filière palmier à huile au Bénin ?

Le palmier à huile était la première  culture d’exportation au Bénin jusqu’aux années 70 où malheureusement avec les aléas climatiques, il a connu un déclin. Aujourd’hui, nous avons l’avantage que le palmier à huile offre plusieurs fonctions aux populations dont on peut citer : la fonction sociale où les jeunes, les hommes participent aux travaux d’entretiens, de piquetage, et de récolte, les femmes sont sollicitées lors des récoltes et de la transformation de l’huile rouge et huile palmiste. La fonction économique parce que cela génère des revenus sur tous les maillons : la production, la transformation et la commercialisation. La fonction culturelle, car le vin de palme ou l’alcool du vin de palme (sodabi), l’huile rouge sont des dérivés fortement utilisés dans les cérémonies traditionnelles. L’huile rouge est utilisée pour toutes les libations lors des cultes vodoun. La fonction médicinale, car les racines sont utilisées pour traiter la toux, le rameau pour traiter le rhume. Le palmier à huile est très important pour la population béninoise parce qu’il regorge de plusieurs dérivés de grande valeur à savoir : l’huile rouge, l’huile palmiste, le sodabi, le vin de palme et des sous-produits dérivés de l’usage de ses différentes parties procurent que sont les balaisles clôtures grâce aux feuilles, les bois d’œuvre grâce aux stipes.

Il y a 3 ans, quel était l’état de cette filière ?

Le palmier à huile, comme je l’ai dit tantôt, avait une place de choix dans le quotidien des Béninois, mais avec le temps, l’État s’est désengagé de certaines fonctions de gestion de la filière et l’a confié au privé, ce qui a fait que dans les années 90-95 il y a eu la cession de l’ex Société Nationale des Industries des Corps Gras (SONICOG). Malheureusement, après quelques années, il y a été noté une mauvaise gestion de la filière malgré les multiples projets de relance. La structuration des acteurs est plus ou moins partielle malgré la présence de la Fédération Nationale des Producteurs de Palmier à Huile (FNPPH). Il y a eu également une pléthore de pépiniéristes pirates qui produisaient des plants de très mauvaise qualité et mettent à mal le devenir de la filière. Le paysage du maillon transformation était jonché de beaucoup d’unités artisanales ne garantissant pas forcément la qualité des huiles produites.

Fin 2021, quelles sont les avancées obtenues dans la filière ?

Il faut dire que juste après les réformes, l’Etat a confié la promotion de la filière palmier à huile à l’Agence Territoriale de Développement Agricole du Plateau pour rendre plus performante cette filière. Il a été élaboré en 2020 le Programme National de Développement de la Filière (PNDF) palmier à huile et sa mise en œuvre a démarré en 2021. Ce programme a un coût global de 12 milliards 317 millions FCFA avec un cofinancement des partenaires techniques et financiers ainsi que des partenaires privés. Ce fonds a pour objectif global d’améliorer la performance de la filière avec l’installation de 25 milles nouveaux hectares, l’amélioration de rendement de 20 % d’ici 2025 et l’amélioration de la qualité d’huile à travers la raffinerie, la savonnerie pour atteindre le marché national et international. Pour y arriver, il y a plusieurs chantiers sur lesquels il va falloir travailler et que nous avons déjà lancés d’ailleurs. Le premier chantier, c’est l’accroissement de la production et productivité. Le deuxième chantier sur lequel on doit travailler, c’est l’amélioration de la qualité des huiles produites et aller sur un autre niveau de transformation qui est la raffinerie et la savonnerie. Le troisième chantier, c’est l’amélioration de la commercialisation et la valorisation de la consommation locale et le dernier chantier, c’est la facilitation d’accès au financement et au marché. Voilà ce qui est prévu, nous avons commencé à aller sur les chantiers pour poser des pas. En termes d’acquis que nous avons déjà au titre de l’année 2021, nous pouvons citer : la contribution à l’accessibilité des plants au profit des producteurs de palmier à huile à travers le dédoublement du nombre de graines germées mis en place auprès  des pépiniéristes agréés qui est passé de 800.000 à près de 2.000.000 de graines germées, ce qui a augmenté l’offre en plants aux aux planteurs. Nous avons commencé l’appui aux pépiniéristes à travers les appuis en équipements et matériels et le renforcement de leurs systèmes d’irrigation pour leur permettre d’être plus performants, également les Coopératives d’Aménagement Rural à travers l’installation des pépinières délocalisées pour leur permettre d’installer des parcelles préalablement abattues et le repeuplement des anciennes parcelles qui étaient vides et qui n’avaient pas de plants. Nous avons pensé aussi à l’accompagnement de l’installation de nouvelles superficies de palmier à huile sélectionnées à travers une subvention qui a démarré et à la date d’aujourd’hui, l’Etat a contribué à la mise en place de 250.000 plants de palmier à huile à titre de subvention. Pour résorber le problème de déficit hydrique, une activité d’installation d’un hectare de parcelles érigées a été faite et les données sont en cours de collecte. Il faut rappeler que l’expérience a été faite dans le pôle 6 à Sakété. Au niveau des autres pôles, des unités de démonstration des parcelles pilotes d’irrigation soutenable et rentable pour les populations sont en cours et dans deux à trois ans, nous allons faire une évaluation pour voir si cette expérience est à mettre à l’échelle au niveau de tous les producteurs. Il y a eu l’appui en hangar de stockage de noix de palme au profit du cluster CVA huile rouge de Sakété, aussi l’appui en réservoir de stockage de 5.000L au profit des clusters de CVA huile rouge de Sakété, Djakotomey, Bohicon. Toujours en termes d’acquis, nous avons fait la structuration des clusters, le renforcement des capacités aussi bien des producteurs sur les itinéraires techniques de production, que des transformateurs sur la production d’huile de palme.

D’ici 2026 selon le PAG, Quels sont les objectifs visés ?

Le PNDF est parfaitement arrimé au PAG 2 et les objectifs assignés au niveau du pôle 6, c’est de rendre performante et attrayante la filière palmier à huile. Les chantiers ont démarré, nous allons poursuivre et finaliser la structuration des acteurs de tous les maillons de la filière et aller à l’interprofession. Nous devons densifier nos appuis pour accroître la production des régimes ainsi qu’au niveau du maillon transformation pour avoir des huiles de qualité. Il est prévu d’éditer des normes de qualité d’huile pour aller sur des marchés plus intéressants et plus rémunérateurs. Des actions de renforcement des chaînes d’équipements de transformation afin d’avoir des unités de transformation modernes. Vous savez qu’avec la crise, le prix de l’huile a flambé donc nous avons tout intérêt à saisir ces opportunités qui entrent en ligne avec la mise en œuvre du Programme National de Développement de la Filière Palmier à Huile et qui permettront de résorber les déficits. Au Bénin, nous n’arrivons pas à couvrir le besoin en huile alimentaire de la population. Actuellement, nous ne sommes qu’à 40 % donc il reste un gap de 60 % à combler.

Quel est votre mot de la fin ?

Ce n’est plus un secret pour les producteurs de la filière que la richesse se trouve dans le palmier à huile. Le gouvernement de son excellence Patrice Talon a élaboré un Programme National de Développement de la Filière Palmier à Huile pour vous accompagner. Les actions ont démarré, elles seront intensifiées et vous ne serez pas déçu de rester dans la filière palmier à huile quelque soit le  maillon sur lequel vous vous positionnez.

Propos recueillis et transcris par Ruth EDOH

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