Abomey-Calavi
Entretien

PERTE DE LA BIODIVERSITE DANS LE MONDE: 100 mille espèces disparaissent de la planète chaque année

Selon les Nations-Unies, un million d’espèces animales et végétales sont en voie d’extinction. De même, les trois quarts de l’environnement terrestre et environ 66% du milieu marin, ont été significativement modifiés. Une situation qui interpelle et sur laquelle se prononce Flavien DOVONOU. Le spécialiste en management environnemental propose également des pistes de solutions pour la restauration de la diversité biologique.

Flavien DOVONOU

Flavien DOVONOU bonjour !

Bonjour monsieur le journaliste !

Le monde entier a célébré ce dimanche, la journée internationale de la biodiversité. Que doit-on comprendre par biodiversité ?

Le thème biodiversité a été obtenu par la contraction des mots biologie et diversité. Il désigne la diversité des organismes vivants à savoir la flore, la faune, les batteries, etc. et les écosystèmes présents sur terre. La  biodiversité est habituellement subdivisée en trois niveaux à savoir: la biodiversité génétique qui correspond à la diversité des gènes au sein d’une espèce, la biodiversité spécifique qui correspond à la diversité des espèces et enfin la biodiversité écosystémique qui correspond à la diversité des écosystèmes présents sur terre.

C’est depuis le sommet de la terre de 1992 à Rio Janeiro, que la préservation de la biodiversité est devenue un enjeu planétaire. C’est même l’un des axes majeurs du développement durable. La convention sur la diversité biologique engage ses signataires à protéger et à restaurer la diversité du vivant car la biodiversité est essentielle aux sociétés humaines. L’impact de l’homme sur son environnement est de plus en plus important ce qui est liée à une croissance exponentielle de son activité et à un fort accroissement de la population. La disparition des espèces est le principal signe de l’érosion de la biodiversité. La convention sur la biodiversité biologique a établi trois objectifs clés à savoir la conservation de la biodiversité, l’utilisation durable des éléments de la biodiversité et enfin le partage équitable des ressources et des avantages issus de l’exploitation des ressources.

Durant les dernières décennies, une érosion de la biodiversité a pu être observée. La majorité des biologistes estime qu’une extension de masse est en train de se produire, bien qu’il ait désaccord sur le nombre d’espèces qui sont en train de disparaitre. La plupart des scientifiques pensent que le taux actuel de disparition est plus élevé qu’il ne l’a jamais été. D’ailleurs, plusieurs études ont montré qu’environ une espèce de plantes sur huit connue est menacée d’extinction, menaçant ainsi la biodiversité. Chaque année, entre 17000 et 100000 espèces disparaissent de notre planète. Certains scientifiques avancent également qu’1/5 de toutes les espèces vivantes, pourrait disparaître dans les  trente années à venir. La plupart affirme que ces pertes sont liées aux activités humaines, en particulier la destruction  des écosystèmes abritant certaines plantes et certains animaux.

Quel est l’état de la biodiversité au Bénin ?

Le dernier rapport sur l’état de la biodiversité au Bénin a fait état de l’existence d’écosystèmes tels que : les forêts denses, sèches, semi-décidues ; les forêts galeries, marécageuses ; les forêts claires ; les savanes, les savanes marécageuses, les mangroves, et les prairies. Il a été aussi clairement montré que les formations, les savanes arbustives et arborées constituent la composante principale ; plus de 50% de la couverture forestière de la végétation, alors que les galeries forestières représentent à peine 4% et les forêts denses deux fois moins. Cependant, une analyse de la diversité floristique des différentes formations végétales rencontrées au Bénin, révèle que malgré leur petitesse en termes de superficie, les galeries forestières recèlent une importante diversité floristique.

Le thème de cette année est « bâtir un avenir commun à toutes les formes de vie ».  Ce thème rappelle la nécessité de restaurer les écosystèmes. La restauration de la biodiversité représente-t-elle la réponse à plusieurs défis de développement durable ?

Sans écosystème sain, nous manquerions de nombreux éléments essentiels pour vivre. Les plantes par exemple, convertissent l’énergie solaire et la mettent à la disposition d’autres formes de vie, ou encore les batteries et aux organismes vivants qui décomposent la matière organique en nutriments, offrant aux plantes, un sol sain pour se développer. Les pollinisateurs sont eux aussi, essentiels à la reproduction des plantes, ce qui garantit notre production alimentaire. Les plantes et océans agissent comme d’importants puits de carbone et le cycle de l’eau dépend fortement des organismes vivants. En résumé, grâce à la biodiversité, nous disposons d’air pur, d’eaux douces, d’un sol de bonne qualité, et de la pollinisation de nos cultures. La biodiversité nous aide à lutter contre le changement climatique, à nous y adapter et réduire l’impact des risques naturels. Étant donné que les organismes vivants interagissent dans les écosystèmes dynamiques, la disparition d’une seule espèce peut avoir un impact considérable sur la chaîne alimentaire. Il est aujourd’hui impossible de savoir, quelles seraient les conséquences de ces extensions de masse sur l’homme mais nous savons qu’aujourd’hui la diversité de la nature, nous permet de prospérer.

L’ONU a consacré le 12 mai, journée mondiale de la santé des végétaux. Pourquoi une telle journée selon vous, malgré l’existence de celle sur la biodiversité ?

Notre santé et celle de notre planète sont toutes dépendantes des végétaux. Les végétaux fournissent 80% des aliments que nous consommons, 98% de l’oxygène que nous respirons. Cependant, ils sont menacés. Chaque année près de 40% des cultures vivrières sont détruites par des organismes nuisibles et des maladies des végétaux. Cette situation a des répercussions aussi sur la sécurité alimentaire que sur l’agriculture qui constituent la principale source de revenus des communautés rurales vulnérables. Le changement climatique et les activités humaines provoquent des perturbations des écosystèmes qui portent atteinte à la biodiversité tout en créant des nouvelles conditions propices aux développements de l’organisme nuisibles. Les voyages et les échanges commerciaux internationaux, dont le volume a triplé au cours de la dernière décennie, favorisent également la propagation des organismes nuisibles et des maladies. Nous devons protéger les végétaux tant pour les populations que pour la planète et nous avons tous un rôle à jouer.

Les chiffres sont alarmants quant aux conséquences néfastes de l’action humaine sur la biodiversité. Comment renverser la tendance?

Deux grandes approches existent pour lutter contre l’érosion de la “biodiversité cultivée”. Nous avons la gestion ex-sitou c’est à dire en dehors des sites de culture et la biodiversité in-sitou, c’est à dire dans les champs des paysans et des jardins. Ces deux approches se fondent sur des visions du vivant très différentes. Enfin, il faut dire que nous devons apprendre à végétaliser les toitures, le développement des espaces verts en maintenant ou en créant des milieux naturels en périphérie. Voilà autant d’initiatives qui permettent de lutter contre l’élévation des températures en ville.


Propos recueillis et transcrits par Ibrahim OROU NAM

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