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Agriculture

PRODUCTION DU TARO AU BÉNIN: Une culture mineure moins valorisée.

Les  racines  et  tubercules  principalement  l’igname,  le  manioc,  la patate  douce  et  le  taro  contribuent  de manière  significative  à  la  satisfaction  des besoins alimentaires de  base de plus  d´un milliard d´habitants de la planète, surtout les plus pauvres . Au Bénin  par    exemple,  après  le  maïs,  les  racines  et tubercules constituent  la deuxième  source principale  de  calories  dans  l´alimentation des populations.  Parmi ces racines  et  tubercules figure le taro qui demeure encore une culture mineure moins valorisée au Bénin.

Le Taro

Laure LEKOSSA.

Le taro est cultivé dans 30 pays environ, qui sont tous des pays en voie de développement, à l’exception du Japon qui produit environ 4 % du total. Selon la FAO, la quantité totale de « taros » (ou d’aracées en général) produite en Afrique en 1998 s’élevait à 6,5 millions de tonnes environ, ce qui correspond à 75 % de la production mondiale estimée à 8,5 millions de tonnes.

En dépit de son importance, la production du taro ne se développe pas au Bénin, contrairement à des pays de la sous –région comme le Togo, en  Côte  d’Ivoire,  au  Ghana  et  surtout  au Nigeria qui détient la plus grande production mondiale avec 40 % de la production totale (FAO,  2010).  Après des  périodes  de forte production dans les  années 60 et 70 où  la production  nationale  a  varié  de  4.000  à 18.400  tonnes,  le  taro  occupe  une  place marginale  à  l´échelle  nationale  du  Bénin depuis le début des années 80.  En 2008, la production nationale du  taro n’a été que de 2.500 tonnes avec une superficie exploitée de 1.100 ha, pendant que celle du manioc, de l’igname  et  de la  patate   douce  était respectivement  de  2.629.300  tonnes  sur 183.300 ha, 1.802.900 tonnes sur 204.700 ha  et 69.500 tonnes sur 35.100 ha (Hibon et coll.,  2011).

Le taro et ses exigences agro- écologiques

Le taro est  une  plante  herbacée  et  pérenne  de  la famille  des  aracées,  à  grandes  feuilles atteignant  presque  la  taille  d’un  homme, avec  des  rhizomes  tuberculeux.  Ce  sont surtout les tubercules riches en amidon dont la  taille,  la forme  et  le  goût  varient énormément. 

La culture du taro est favorisée par des  conditions  climatiques  chaudes  et humides avec une température moyenne au-dessus de 21°C et une pluviosité comprise entre 1.500 et 2.000 mm.  Le taro préfère un  sol léger, meuble, profond et riche en humus et en matières minérales. Un ensoleillement élevé  est  important  afin  de  favoriser  la formation de l’amidon.  Lors des opérations culturales,  le  sol  doit  être  labouré  à  une  profondeur de 20 à 30 cm et des fossés (20 cm x 20 cm) creusés en alternance afin de retenir  l’eau  conservant  ainsi  l’humidité. Les distances de plantation  sont de 50–80 cm sur  la ligne et de 70–120 cm entre les lignes.

Si tant est que la production du taro est moins valorisée au Bénin, c’est clair que le rendement de la production n’est pas aussi significatif que le reste des autres tubercules. Les rendements obtenus sont donc faibles, avec un cycle cultural encore long de 10 à 12 mois. La conséquence est la cherté du produit sur le marché, de  sorte que sa consommation est un luxe pour les  consommateurs.  Des efforts  sont  nécessaires  pour  la  sélection  variétale  du taro  à haut  rendement et à cycle court, la formation des producteurs sur les techniques culturales et la  mise à disposition du matériel de reproduction de qualité. Ceci suppose que les producteurs sont exposés à d’énormes difficultés. Les producteurs éprouvent des difficultés notamment à satisfaire aux exigences agronomiques de la  culture  du taro. Ils ne maîtrisent ni  les techniques  culturales  ni  le  matériel  de reproduction  utilisable.  Ce  faisant,  le rendement moyen obtenu n’est que de 3,25 t/ha. Le cycle de production du taro est long. La récolte est effectuée 10 à 12 mois après le  semis  et de préférence en saison  sèche pour éviter la pourriture des cormes. Dans cet intervalle de temps, le maïs est récolté deux fois. Une chose qui ne favorise pas surement les producteurs. Vivement que les politiques publiques pour le développement du secteur agricole œuvrent pour le développement de cette culture au Bénin.

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