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Genre et développement

RICHICATOU SALE À PROPOS DE LA JIF 2021: « La pandémie de la COVID 19 a eu un impact négatif sur les activités des femmes dans l’Atacora »

Ce lundi 08 mars, le Bénin à l’instar de la communauté internationale célèbre la Journée Internationale de la femme (JIF). Une journée spécialement dédiée pour réfléchir aux conditions de vies des femmes et à leur épanouissement. En prélude à cette célébration, la Directrice de l’ATDA 3 Atacora –Ouest note déjà une amélioration des conditions socio-économiques des femmes situées dans le département de l’Atacora.

Par Laure LEKOSSA

Nul n’ignore aujourd’hui le rôle prépondérant que jouent les femmes dans le développement économique d’un pays. Les femmes africaines jouent un rôle éminent au niveau du secteur agricole. Elles participent de manière considérable à l’économie rurale dans toutes les régions en développement. Si les rôles qu’elles assument sont différents selon les régions, on observe toutefois partout qu’elles ont un accès plus restreint que les hommes aux ressources et aux débouchés qui leur permettraient d’être plus productives.

Un meilleur accès des femmes à la terre, aux animaux d’élevage, à l’instruction, aux services financiers et de vulgarisation, aux technologies et au marché de l’emploi rural se traduirait par une nette augmentation de leur productivité et par une amélioration de la production agricole, de la sécurité alimentaire, de la croissance économique et du bien-être social. Si l’écart qui sépare les hommes des femmes était comblé seulement en ce qui concerne les intrants agricoles, ce seraient environ 100 à 150 millions de personnes qui échapperaient à la faim.

Il n’y a pas de solution passe-partout pour supprimer cet écart. Il existe en revanche quelques principes élémentaires universels à suivre à ce sujet. Les gouvernements, la communauté internationale et la société civile doivent travailler de concert pour supprimer la discrimination légale, promouvoir l’accès de tous aux ressources et aux marchés, garantir que les politiques et programmes agricoles favorisent l’équité hommes-femmes. Parvenir à l’égalité hommes-femmes en permettant aux femmes d’être des intervenantes à part entière dans le secteur de l’agriculture n’est pas seulement juste. C’est aussi primordial pour le développement agricole et pour la sécurité alimentaire.

Depuis sa création , l’Agence territoriale de Développement agricole (ATDA ) pôle 3 qui regroupe les communes du Nord –Bénin à savoir Natitingou, Toucountouna , Boubounbé, Tanguiéta , Matéri et Cobly œuvre en son sein pour une autonomisation réelle des femmes à travers les différentes actions menées. Pour le rayonnement des filières, les femmes sont les premiers acteurs ciblées « Les femmes interviennent sur toutes les filières car elles constituent la majorité de la main d’œuvre agricole du département. En plus de servir de mains d’œuvre, les femmes sont aussi de grandes productrices, disposant de petites parcelles propres à elles. Les filières de prédilection des femmes sont le riz, le maïs, le soja, le niébé, le fonio et le sésame. Au niveau de ces filières, les femmes travaillent sur tous les maillons c’est à dire la production, la récolte, la transformation (riz étuvé, fromage de soja et dérivé, divers dérivés du fonio et du sésame) et la commercialisation » fait savoir Richicatou SALE Directrice Générale de l’Agence Territoriale de Développement Agricole pôle 3 Atacora-Ouest. Elle note que plusieurs actions spécifiques ont été menées en faveur des femmes du département. Des formations sur les itinéraires techniques de production et de transformation, la mise aux normes des produits transformés, facilitation de l’accès au microcrédit, l’appui à la structuration des organisations professionnelles des femmes plusieurs actions ont été menées pour un mieux- être vital de la femme. Pour elle, une importante amélioration est notée au niveau de la situation économique des femmes dans le département de l’Atacora.

En effet, souligne-t-elle, la facilitation de l’accès au crédit au sein du département a permis une autonomisation relative des femmes. Avec le crédit, les femmes accèdent facilement aux matières premières pour la transformation. Avec les maigres revenus, les femmes assurent tant bien que mal l’éducation des enfants. Toutefois notifie-t-elle, la pandémie de la COVID 19 a eu un impact vraiment négatif sur les activités des femmes de l’Atacora.

La célébration de l’édition 2021 de la JIF portant sur le thème « Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid -19 » a été une occasion pour Richicatou SALE de lever un coin de voile sur les conditions favorables à l’épanouissement de la femme. « Lorsque la femme exerce une activité génératrice de revenu qui marche bien, elle assure l’éducation des enfants (entretien, scolarisation etc) elle entretient même son mari, et c’est là que son leadership commence » précise-t-elle. Elle ajoute « nous ne pourrons jamais avoir un monde où les hommes et les femmes sont égaux. Mais nous travaillons pour réduire les inégalités, que les femmes aient les mêmes droits que les hommes. Qu’elles soient rémunérées au même taux que les hommes pour un même travail, un diplôme égal et que le salaire soit égal pour un même travail. Je pense fermement que c’est le pouvoir économique de la femme qu’il faut renforcer. Dans l’Atacora, les femmes contribuent énormément à l’économie rurale, il suffit de les renforcer et de mieux les organiser ». C’est dire qu’en comblant le fossé hommes-femmes dans l’agriculture, on procure des avantages appréciables au secteur agricole et à l’ensemble de la société. Si les femmes avaient le même accès que les hommes aux ressources productives, elles pourraient augmenter de 20 à 30 pour cent les rendements de leur exploitation, ce qui aurait pour effet d’accroître la production agricole totale des pays en développement.

Après avoir exprimé toute son admiration aux braves femmes de l’Atacora, chevilles ouvrières de l’économie rurale, vaillantes actrices du secteur agricole Richicatou SALE rappelle que l’édition 2021 de la JIF ne devrait pas être gaspillée à quelques festivités. Mais servir de jour de réflexion sur les stratégies de notre autonomisation économique réelle. Car c’est le pouvoir économique qui engendre le leadership, le respect et le traitement égalitaire.

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