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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

SECTEUR AGRICOLE AU BÉNIN : Ce qui a véritablement marché sous l’ère de la rupture depuis 2016

 SECTEUR AGRICOLE AU BÉNIN : Ce qui a véritablement marché sous l’ère de la rupture depuis 2016

Cela fait 8 ans que le régime de la rupture a pris les rênes du Bénin. 6 avril 2016, un nouveau vent soufflait, apportant de nouvelles visions et actant « un nouveau départ » vers un objectif bien défini : « Le Bénin révélé ». Quelques  années après, ou plutôt à moins de deux ans pour arriver à terme de cette dynamique, les béninois sont en droit de se demander ce qui a vraiment changé surtout dans le secteur agricole.

Gaston Cossi Dossouhoui, Ministre de l’Agriculture

 

Jean-Baptiste HONTONNOU

La décennie 2006-2016, c’est-à-dire celle du défunt régime, était qualifiée d’une période d’émergence économique. La politique agricole sera renforcée avec une approche basée sur le développement  des filières agricoles. Si cette période a vu la société béninoise engrangée le plus fort taux de croissance de la contribution de l’agriculture au PIB, « la faiblesse des taux d’accroissement moyens annuels des niveaux de productions de certaines spéculations n’a, par contre, pas permis de maintenir le taux de contribution de l’agriculture au PIB au moins à 10% », selon l’économiste Laurent Oloukoï. Ainsi, à l’avènement du régime de la rupture, la territorialisation du développement agricole a été la politique de mise. Ce que l’on peut déjà taxer d’avoir comblé les attentes.

En 2018, le Bénin a pris la tête des pays producteurs d’or blanc en Afrique de l’Ouest en réalisant une production de 678 000 tonnes. Ceci n’a été possible que grâce au retour du secteur privé dans la filière. Une position que le pays a gardée en constance en damant à chaque campagne de commercialisation sur  le Burkina Faso et le Mali, les deux grands concurrents. Considérant l’évolution de la production céréalière (maïs, riz, sorgho, petit mil, fonio) de 2018 à 2023, le Bénin a noté une nette progression qui ne dit pas son nom. Cette production est passée de 2 109 384 tonnes en 2018 à 2 737 481 tonnes en 2023 avec en moyenne (de 2018 à 2022), une production de 2 305 673 tonnes.

Par ailleurs, de 2017 à 2022, la valeur des exportations de coton représente 54,8% de la valeur totale des exportations (tous produits confondus). De même, elle représente 78,2% de la valeur totale des exportations des produits d’origine végétale. A travers donc ces quelques cas illustratifs des progrès enregistrés par le Bénin dans le secteur agricole, il est clair que la politique agricole adoptée par le régime en place a porté ses fruits. Mais, bien au-delà, les subventions ont joué un rôle très important dans la gestion des crises qui ont secoué le monde ces dernières : la Covid 19 et la guerre russo-ukrainienne.

De 2022 à 2024, le gouvernement sort le grand jeu

Si aujourd’hui le prix du maïs et celui d’autres produits de première nécessité grimpent, cela ne saurait peindre en noir tous les efforts palliatifs du gouvernement. En effet, la problématique de subvention sur les engrais est née à partir de la campagne 2022-2023 avec le renchérissement des prix desdits engrais, en l’occurrence le NPK et l’urée suite à la COVID 19 et au déclenchement de la crise russo-ukrainienne. Lesquelles situations ont laissé de lourdes séquelles et continuent d’en créer. Sinon, avant ces crises, l’engrais était cédé à 12 000 voire 12 500 f cfa le sac de 50 kg au producteur par les distributeurs privés agréés à l’issue d’appels d’offres. Dans ce contexte de flambée des prix mondiaux des engrais, le prix du sac de 50 kg de NPK au Bénin est monté à 22 500 f cfa et celui de l’urée à 28 200 f cfa dès la campagne 2022-2023. Pour donc pallier ce problème qui a rendu la vie difficile aux producteurs, le gouvernement a pris la décision de subventionner les prix des engrais à l’issue du conseil des ministres du 20 avril 2022 avec un prix unique de 14 000 f cfa par sac de 50kg. En d’autres termes, « le gouvernement a supporté pour le compte du producteur 8 500 f cfa par sac de 50 kg d’engrais NPK et 14 200 f cfa par sac d’urée. Cela a nécessité un montant global de subvention d’environ 55 milliards de f cfa sur le volume total d’engrais mis en place durant cette campagne ». L’association interprofessionnelle de coton (AIC) et les usines d’engrenage y ont contribué à hauteur de 24,5 milliards de f cfa.

Par ailleurs, la tendance à la hausse du prix du NPK s’est poursuivie en passant de 22 500 f cfa le sac de 50 kg durant la campagne 2022-2023 à 24 000 f cfa durant la campagne 2024-2025, celle en cours. Quant au prix de l’urée, elle a connu une baisse en passant de 28 200 f cfa à 19 000 f cfa sur la même période. Il s’agit donc toujours de niveaux de prix peu supportables pour les producteurs agricoles. Fidèle à sa démarche, le gouvernement a pour la 3ème année consécutive opté d’apporter une subvention à l’engrais avec les niveaux de prix qui ont été communiqués au terme du conseil des ministres du 17 avril dernier. Ainsi, au lieu de 24 000 f cfa, le gouvernement a fixé le prix de vente de 50 kg de NPK à 17 000 f cfa, soit un soutien de 5000 f cfa à chaque producteur acheteur. Sur l’urée, ce soutien est de 4000 f cfa par 50 kg.

De tout ce qui précède, l’on note que l’incidence financière globale de cette décision de subventionner les engrais  durant cette campagne est de 24,4 milliards de f cfa. Alors, de 0 f cfa de 2016 à 2021, le montant des subventions aux engrais sur les 3 dernières campagnes (2022 à 2025) culmine à 109,4 milliards suite au choc sanitaire et à la guerre russo-ukrainienne. En un mot, le gouvernement fait montre d’une capacité élogieuse à propulser l’agriculture favorisant ainsi un quotidien apaisé aux populations.

Pour finir, la mécanisation agricole, la création du Fonds National pour le Développement Agricole (FNDA), la création de la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) etc. sont les autres grands actes posés par le gouvernement pour contribuer au rayonnement du secteur agricole et redorer le blason de l’économie nationale.

 

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