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TIC ET MEDIA: Quelles synergies d’actions pour une mise à l’échelle réussie des innovations agricoles ?

Par Laure LEKOSSA

Les interventions des TIC ne doivent pas être spécifiques au secteur agricole pour renforcer les moyens de subsistance des populations rurales ou contribuer à l’amélioration de la production agricole. En effet, une TIC aussi simple qu’un téléphone payant accessible peut considérablement encourager les familles rurales pauvres à maintenir, voire renforcer, leur contribution à la production agricole nationale et aux activités post-récoltes. L’efficacité et l’effectivité de la vulgarisation agricole, dans le cadre de la réduction de la pauvreté, sont directement liées à la création de sources de revenus rurales durables, spécifiques et tangibles.

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La plupart des producteurs en milieu rural tirent leurs revenus de l’agriculture qui se définie entre autre comme la production, la transformation et la distribution des produits alimentaires, halieutiques et forestiers, ainsi que des fibres. Cette définition englobe la « valeur ajoutée », important facteur en agriculture, auquel grâce à la transformation physique d’un produit agricole ou la méthode de production et de séparation d’une denrée, permet aux producteurs, aux transformateurs et aux commerçants d’élargir leur clientèle et d’accroître les ressources disponibles. D’où, d’une part, les interventions des TIC sont directement liées au secteur agricole et sont susceptibles de favoriser la création de sources de revenus durables et, d’autre part, des interventions de type différent, qui ne sont pas spécifiques à l’agriculture, mais peuvent néanmoins aider les familles rurales à gérer les tensions et les crises et à tirer profit des opportunités de revenus.

La vulgarisation agricole est communément considérée comme un service public ou privé qui répond aux besoins des paysans et des populations rurales en matière de connaissances, dont ils peuvent se servir pour améliorer leur productivité, leur revenu et leur bien-être ainsi que pour gérer de manière rationnelle les ressources naturelles dont ils dépendent.

La vulgarisation agricole fournit des informations et des technologies nouvelles aux communautés agricoles, leur permettant ainsi d’améliorer leur production, leurs revenus et leur niveau de vie. Autrefois, elle était considérée principalement comme un service public, institutionnalisé et organisé par les pouvoirs publics. Mais aujourd’hui, gouvernements et institutions publiques de vulgarisation agricole sont conduits à adopter des stratégies nationales diversifiées et pluralistes, en vue d’établir le dialogue et la collaboration au sein de différentes instances publiques, privées, non gouvernementales pour promouvoir une vulgarisation susceptible d’améliorer les moyens de subsistance des populations rurales. Les médias étant des moyens d’information et de communication s’inscrivent aussi parfois dans cette même dynamique en se servant des TIC pour passer leurs informations. Afin de permettre à ces petits exploitants agricoles d’accéder à des informations agricoles fiables, il s’avère important que les médias à travers les TIC s’emploient à une synergie d’actions pour favoriser aux producteurs des informations importantes à temps réel.

La question de synergies d’actions pour une mise à l’échelle réussie des innovations dans le secteur agricole a été au cœur de la 2ème édition du forum AgriTalk organisé par le groupe de Presse « LE RURAL ». Des panélistes se sont exprimés à l’occasion. Pour Esta Trinnou responsable Stratégie –Genre et écosystème sur le projet BéniBiz, il est important de faire connaître à tous les acteurs du secteur agricole tous ce qui a comme innovation, comme valeur ajoutée au niveau du secteur agricole. Et pour ça, il faudrait impliquer tout au début les médias et identifier le TIC et le type de médias qu’il faut dans la vulgarisation du type d’innovation agricole qu’il faut. « Une information qu’on voudrait porter à un producteur à base concernant une innovation agricole, il ne suffit pas juste de partager cette information via une radio ou une télévision mais accompagner aussi cette information des visuels. Et pour cela, il faudrait associer les acteurs de la communication à temps » a-t-elle souligné.

Les médias deviennent de plus en plus l’instrument de la transformation de l’agriculture au Bénin .Leur rôle primordial est d’envoyer un flux d’information d’un ou plusieurs expéditeurs à un grand nombre de destinataires, mais ils jouent également un rôle important dans les domaines des distractions, de l’information et de l’éducation. Ils sont aussi un instrument de l’immense potentiel de croissance et de développement total de l’être humain et donnent aux populations les moyens de se comporter de manière sélective et de choisir elles-mêmes le type d’information qu’elles veulent ou ne veulent pas. Dans la plupart des communautés urbaines et rurales, l’audience est large même si les gens qui ne travaillent pas directement dans le secteur agricole ont un plus grand besoin d’information sur certains domaines de la production agricole. Ces gens auront un plaisir indéniable à apprendre comment est produite leur nourriture journalière et pourront même avoir envie de se mettre à cultiver eux-mêmes la terre. Grace à une synergie d’action entre les TIC et les médias la vulgarisation agricole pour une mise à l’échelle serait une réussite au Bénin.

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