Abomey-Calavi
Approche Communale pour le Marché Agricole Entretien

APPUIS DU PROGRAMME ACMA 2 AUX COOPERATIVES: « Le programme a permis à nos coopératives de base d’avoir une identité … » Waïdy ASSANI, Chef Cellule Communale de Bonou/ ATDA du pôle 7

Le programme Approche Communale pour le Marché Agricole (ACMA) 2 est un projet qui œuvre pour le renforcement des capacités et l’épanouissement des acteurs agricoles dans plusieurs communes du Bénin. Dans la commune de Bonou, les coopératives de production d’huile  rouge ont bénéficié d’une panoplie d’appuis de la part du programme. Waïdy ASSANI, Chef Cellule Communale de Bonou/ ATDA du pôle 7 témoin des faits présente ici ces différents appuis.

Waïdy ASSANI, Chef Cellule Communale de Bonou/ ATDA du pôle 7

Bonjour monsieur ! Veuillez-vous présenter !

Bonjour madame la Journaliste ! Je m’appelle Waïdy O. ASSANI. Je suis le Chef Cellule Communale de Bonou/ ATDA du pôle 7.

Que peut-on retenir de l’intervention du programme ACMA2 dans la commune de Bonou ?

Il faut dire que c’est un ensemble qui  a trait aux gestions coopératives. Là-dans, il y a la formation des OPA sur la vie associative parce que quand on est en coopérative, on s’associe pour produire et pour gagner ensemble. Donc il faut adopter certains comportements et certaines bonnes pratiques qu’ACAMA 2 a inculqué aux acteurs. À part ça, ACMA a également formé les OPA sur les services rendus aux membres. C’est une formation orientée vers la faîtière, c’est-à-dire l’Union parce que c’est l’Union qui a le devoir de rendre des services aux coopératives villageoises membres. Elle s’est aussi intéressée à la transformation de l’huile Rouge de qualité. En effet, dans le processus de production, il y a une qualité d’huile rouge qui est commercialisée vers le Nigeria et une autre qui est commercialisée au niveau local. En dehors de ça,  elle a également donné des formations sur la finance digitale, c’est-à-dire la sécurisation des ressources de transactions en initiant les bénéficiaires qui  déjà à partir de Momo, effectuent les transactions.  Il y a aussi une action qui a été faite et qui concerne la structure et la mise en conformité des différentes coopératives ciblées par le programme. On a fait les AG au niveau de chaque arrondissement ; l’Union Communale a fait aussi son AG et puis on a élu les membres du bureau pour qu’au finish, ces coopératives puissent avoir une identité qu’on appelle ‘‘Attestation d’immatriculation’’. Donc ce travail a été fait de concert avec ACMA2. Et elle a même organisé une retraite à Cotonou par le biais de la DDAEP. En plus de cela, le programme a financé les coopératives et puis elles sont allées au Journal Officiel (JO).

Combien de coopératives compte l’Union ?

Nous avons 15 coopératives villageoises de base qui sont membres et qui ont fédéré pour donner une  Union Communale des producteurs et transformateurs des noix de palme en huile rouge.

Au sujet de l’accès au marché, qu’elle est le mécanisme mis en place ?

Le Programme ACMA2 a beaucoup travaillé sur l’accès aux marchés à travers l’approche du Warrantage. Un mécanisme qui permet de regrouper les acteurs par secteur d’activités et forme ce qu’on appelle Cluster ou PEA (Pôle d’Entreprise Agricole) et les acteurs se réunissent avec de  petits contrats pour vendre l’huile sur le marché. Au sein de ce réseau, on retrouve les producteurs-transformateurs de l’huile, les services étatiques ou d’encadrement ou d’appuis tels que les ATDA, la DDAEP etc. Au niveau de la Commune de Bonou particulièrement, ce sont : le Chef Cellule Communal, le Technicien spécialisé en diversification agricole et l’Agent de contrôle de qualité de la DDAEP qui sont impliqués dans le réseau. À part ça, nous avons les SFD. Pour ce qui est de notre commune, c’est l’UNACREP qui appuie les OPA pour l’octroi des crédits. Au niveau des crédits, il faut nuancer : le  crédit pour les besoins en fond de roulement pour la campagne du crédit pour produire. Donc UNACREP met le crédit en place pour permettre aux producteurs de produire mais l’Union Communale est garante auprès d’ACMA2 pour faciliter la mise en place de crédit aux membres. L’agent de la DDAEP est aussi avec l’ATDA et s’assure que l’huile est déposée, puis se charge de contrôler sa qualité, de même que la gestion de tout le stock. Ce mécanisme est aussi assuré par un gestionnaire de magasin qu’ACMA2 a recruté pour faciliter l’intermédiation entre les OPA et ACMA2. Après ce dispositif de warrantage, il y a un comité multi-acteurs qui est installé, et qui travaille sur les systèmes d’information sur le marché. Donc quand le prix sur le marché est intéressant, les acteurs se réunissent et on déclenche la vente de l’huile rouge et au finish chacun libère les crédits contractés auprès des SFD ; puis les bénéfices sont dégagés. C’est le Nigeria qui est notre grand marché.

En termes de vente de l’huile rouge, est-ce que vous avez idée de la meilleure performance ?

Je crois que la quantité d’huile rouge déposée au niveau du magasin augmente d’année en année donc cela suppose que les acteurs ont perçu l’utilité et se sont approprié le mécanisme. Ils ont compris que c’est une approche qui permet de gagner. Et nous-mêmes, on les appuie, au travers les sensibilisations pour montrer l’importance pour eux d’adhérer au réseau du warrantage afin qu’ils puissent mieux gagner. Au-delà de tout, ça permet quand même de limiter les bradages de produits. Les ménages quand ils ont de petits soucis, ils n’hésitent pas à brader leurs produits auprès des commerçants des rues. L’huile qu’on devrait normalement vendre à 20000FCFA, par nécessité, ils livrent cette huile à 15000FCFA. 

Le partenariat public-privé, comment l’appréhendez-vous ?

Chaque année, la direction de l’ATDA7 subventionne des plants sélectionnés de palmiers à huile à hauteur de 50% parce que pour produire, il faut d’abord des semences de qualité. Les producteurs apportent à leur tour la preuve qu’ils ont acheté les plants, c’est-à-dire la moitié restante, les 50% ; ce qui fait au total 100% de plants.Il est exigé que les bénéficiaires adhèrent d’abord au mécanisme du warrantage avant de bénéficier de ces plants. Et ça a permis d’augmenter le nombre d’adhérents au niveau du mécanisme. Une fois ces plants mis en place, les producteurs les mettent en terre et plus tard, ça augmente le volume de production les années à venir. 

Quelles sont les problèmes majeurs liés au stockage ?

Les producteurs nous ont remonté plusieurs fois le problème de perte d’huile dans le magasin de stockage. En réalité, pour le modèle de Bonou, les acteurs stockent l’huile dans des bidons de 25 L et ces bidons, se percent parfois à cause des tracasseries ou parfois dans les magasins,  il y a les ras nuisibles qui viennent les percer. Ces problèmes s’enregistrent souvent pendant les stockages surtout au niveau de la zone 2. Rappelons que Bonou a deux zones de fortes productions. Il y a la zone concentrée vers Bonou centre et l’autre qui tend vers Alangbon- Hounvigue. Il n’y a pas un magasin approprié pour stocker l’huile  dans cette deuxième zone des producteurs et donc les acteurs font le stockage dans un inadéquat. On enregistre aussi des cas de bien qu’il ait un gardien. 

Aussi, les producteurs, pour amener l’huile rouge ici pour le stockage dans le grand magasin, il y a  des frais de transport  supplémentaires qu’ils payent et donc ils souhaitent qu’un magasin leur soit construit pour éviter ces tracasseries.

Personnellement quelle appréciation donnez-vous à propos de l’intervention d’ACMA2 dans votre commune ?

J’apprécie beaucoup cette intervention d’ACMA2 car ce programme a permis de résoudre le problème de l’accès aux marchés. À part le succès de ce mécanisme de vente initié par ACMA2, le programme a permis à nos coopératives de base d’avoir une identité et de s’inscrire au JO. Ce sont des appuis important à souligner.

Propos recueillis & transcrits par Yélian Martine AWELE

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