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1er groupe de presse agricole en Afrique de l’Ouest

L’AGROFORESTERIE AU BENIN : Un outil de lutte contre les changements climatiques très peu utilisé

 L’AGROFORESTERIE AU BENIN : Un outil de lutte contre les changements climatiques très peu utilisé

Il existe une stratégie d’atténuation du réchauffement climatique particulièrement efficace, mais qui attend encore d’être pleinement reconnue : l’agroforesterie. Planter des arbres dans les champs et pâturages est doublement efficace pour combattre le réchauffement climatique et aider les populations agricoles.

forêt

L’agroforesterie est l’association d’arbres et de cultures ou d’animaux sur une même parcelle. Cette pratique ancestrale apporte non seulement des ressources lucratives aux paysans et paysannes : du bois, du combustible, des fruits, de l’huile, des noix et du fourrage mais permet également une meilleure utilisation des ressources, une plus grande diversité biologique et la création d’un microclimat favorable à l’augmentation des rendements. Aujourd’hui, plus de 70{e43727ebdf1c82cdaf05db1b2e953f1c6b388407dfc0230603c9b856384b4112} des familles au Bénin brûlent du bois pour cuisiner. Cela a un effet néfaste sur le couvert forestier du pays, perdant ainsi 1{e43727ebdf1c82cdaf05db1b2e953f1c6b388407dfc0230603c9b856384b4112} de son couvert arboré chaque annéeet contribuant ainsi aux problèmes de réchauffement climatique.

Ces problématiques provoquées par les changements climatiques peuvent être atténuées par une plus grande diversité dans les agroécosystèmes. « Les pratiques agroforestières concourent donc à la limitation d’une part et au renforcement des puits de carbone d’autre part. Nous avons des forêts à but communautaire et le développement des activités de revenus autour des forêts, ou la production des agrumes éviterait davantage les problèmes de réchauffement climatique. Aussi, est-il que nos forêts sont bien protégées. La population ne peut aller la détruire parce qu’elle a d’autres activités permettant de régénérer la forêt et de limiter la destruction. Les pratiques agroforestières concourent, à cet effet, à la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre et au renforcement des puits de carbone », dixit Wilfried BIAOU MONGAZI, chef département de la gestion des changements climatiques au ministère du développement et du cadre de vie et point focal de la convention Care des Nations Unis.  Tout comme la permaculture, l’agroforesterie est certainement l’une des meilleures pratiques agricoles du moment puisque, les arbres stockent du carbone dans le sol. « Nous avons la capacité de limiter le réchauffement climatique. Nous pouvons réduire les émissions de CO2 et augmenter son absorption en élargissant et en protégeant les puits de carbone, notamment les forêts », ajoute-t-il. Planter des arbres dans les champs permet donc de réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère. « Il faut travailler à renforcer les puits à carbone et limiter les émissions issues de la déforestation parce que quand vous détruisez les forêts, vous permettez à ce que les émissions soient rejetées ».

Par ailleurs, à en croire MONGAZI, les arbres fixateurs d’azote enrichissent t le sol en capturant dans l’atmosphère, des éléments essentiels pour les plantes. Cela réduit les besoins en engrais azotés chimiques qui participent grandement au réchauffement climatique, tant lors de leur fabrication que lorsqu’ils s’évaporent dans l’atmosphère. Aussi, «  les systèmes agroforestiers agissent sur des mécanismes qui régulent l’utilisation de l’eau par les cultures. Les microclimats qu’ils créent, protègent les cultures des effets néfastes des changements climatiques comme le stress hydrique. Les systèmes agroforestiers augmentent la biodiversité en complexifiant le paysage dans le temps et dans l’espace. Les systèmes agroforestiers bien aménagés démontrent un potentiel pour augmenter la résilience des agroécosystèmes dans un climat futur », explique Wilfried BIAOU MONGAZI. Il est donc important de sensibiliser les acteurs et les populations sur les bonnes pratiques de production durable et également leur faire part des pratiques agroforestières et leurs bienfaits.

« Il faut mettre à la disposition des acteurs des outils, renforcer leur capacité, rendre disponible les facteurs de production, sécuriser les terres, rendre disponible les intrants, travailler les différentes espèces utilisables dans l’agroforesterie, les améliorer et les rendre plus performantes. Cela permettra de réduire les cycles », recommande Sèna LEGBAGAH, Agro Environnementaliste au ministère de l’agriculture de l’élevage et de la pèche. Avant d’ajouter que : « beaucoup de programmes travaillent à ce sujet. C’est le cas du projet Senagref, TAERA et d’autres projets au niveau du MAEP, qui donnent des orientations claires à ce sujet. »

Vanessa ZANNOU

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