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PROMOTION DE L’ANANAS DANS LA VALLÉE DE L’OUÉMÉ: La commune de Bonou devient un pôle majeur de production

Par Laure LEKOSSA

La balance commerciale du Bénin est fortement déficitaire, car les importations d’intrants agricoles, de produits agricoles et agroalimentaires supplantent nettement les exportations de produits agricoles et agroalimentaires. Selon les données de l’Institut national de la statistique et d’analyses économiques (Insae), moins de la moitié (34,8%), des importations sont couvertes par les exportations. Cette situation appauvrit davantage le secteur agricole et l’économie béninoise, car, il a plus de sorties que d’entrées. Il est donc impérieux de renverser la tendance, en appuyant fortement la diversification et la promotion d’autres filières agricoles en dehors du coton (ananas, anacarde, crevette, palmier à huile, etc.), susceptible d’impulser l’amélioration des exportations conformément aux objectifs du Psrsa /Pania qui est d’accroître les volumes des exportations des produits agricoles.

Outre cela, les potentialités en réserves de terres, d’eau, des conditions agroécologiques variées et favorables, de ressources humaines disponibles à travers l’importance de la population rurale et le savoir- faire des producteurs prédisposent l’agriculture du Bénin à une production variée tant sur le plan des cultures vivrières que sur le plan des cultures d’exportation. Beaucoup de productions sont tombées en déclin et sur le plan des cultures de rente, le Bénin est réduit à la monoculture du coton. De nouvelles conditions et le nouveau contexte socio-économique du pays offrent les possibilités de relancer l’agriculture et de diversifier la production agricole notamment celles des produits à l’exportation. Grâce à cette diversification agricole, plusieurs communes se sont vues dans le rang de la création d’autres filières porteuses comme celle de Bonou.

Localité située dans le sud-ouest du Bénin dans le département de l’Ouémé, la commune de Bonou est le cœur de la production de la patate douce et de la pêche du poisson-tanche au Bénin. Mais aujourd’hui, cette commune peut être aussi comptée parmi les communes productrices de l’ananas.

Pour WaÏdy Assani, chef cellule communale de Bonou, ATDA pôle 7, la commune dispose des potentialités requises pour le développement de la filière notamment celles agro écologiques avec un sol assez favorable à la culture d’ananas. Mais des producteurs ne s’y intéressaient pas auparavant « La commune de Bonou fait partie des communes de culture d’extension de l’ananas ou cette culture n’était pas trop dans le quotidien des producteurs. Il n’y avait que quelques producteurs qui s’intéressaient à cette culture, mais les superficies emblavées ne dépassaient pas 2 hectares » Pour lui, les producteurs rencontraient des difficultés liées à l’accès aux rejets de qualités, et de manque de connaissances nécessaires pour cette culture sans oublier les questions d’accès aux intrants spécifiques d’ananas. Selon ces dires, avec cette diversification agricole, les producteurs ont compris la vision du PAG volet agriculture et ont manifesté une volonté de changement. Dans cette commune note-t-il la filière ananas connait un véritable essor.

L’augmentation de la production passe non seulement par l’augmentation de la productivité, mais aussi l’augmentation des superficies emblavées. Grâce à la promotion des filières, les producteurs sont désormais mieux outillés et mieux aguerris pour affronter les problèmes liés à la culture des différentes filières. Dans la commune de Bonou, un consortium a été mis en place à cet effet pour outiller et conseiller les producteurs sur les pratiques culturales de l’ananas. Le programme #DEFIA de Enabel porte ainsi l’ambition de contribuer à l’amélioration et la sécurisation des revenus agricoles des acteurs des chaînes de valeur de la filière Ananas. « Pour accompagner cette extension, le projet Defia propose aux producteurs d’ananas, une subvention partielle des coûts de dessouchage, de labour et de plantation. Nous accompagnons ces producteurs par des suivis –appuis conseils, des visites d’exploitations, des formations pour la bonne maitrise des itinéraires techniques de production » a expliqué Inès Montcho Conseiller technique spécialisé Ananas du projet Défia dans la commune de Bonou.

Pour l’atteinte des résultats plusieurs stratégies ont été développées souligne-t-elle « La constitution des unités de conseils agricoles qui regroupent 07 à 12 producteurs d’ananas de la même zone ; ce qui nous a permis de constituer 04 UCA dans certains arrondissements. Au sein de chaque unité de conseil agricole, nous disposons d’une parcelle de démonstration appelle unité de démonstration sur laquelle nous mettons en pratique l’itinéraire technique de production d’ananas ». L’objectif de ce programme est d’augmenter significativement le revenu de 6.000 entrepreneurs agricoles. Les actions dans le cadre de ce programme portent sur le renforcement des capacités (techniques, économiques, marketing, plaidoyer…) à travers le développement des services de coaching entrepreneurial et de conseil agricole, le financement des investissements productifs, la mise en relation/facilitation des liens d’affaires entre les acteurs (producteurs, transformateurs, commerçants, fournisseurs de services financiers comme non financiers …).

Pour le président de la coopérative Alliance pour une nouvelle agriculture dans la commune de Bonou, Marcellin Bai, les producteurs ont cultivé en 2020, 5 hectares d’ananas sur un site de 10 hectares avec 15 membres actifs au sein la coopérative. Au nombre des difficultés rencontrées sur le terrain, il énumère « il y a d’abord le sarclage parce qu’à chaque fin du mois, nous sarclons et c’est difficile pour nous parce que nous n’étions pas habitués à ça on essaie de faire un peu un peu, mais parfois c’est vraiment difficile et nous ne disposons pas encore des tenus adéquats pour l’entretien des plants ». « En parlant d’accès aux marchés, nous recevrons des demandes du Nigéria, des marchés locaux, de la Belgique, de l’IRA d’Allada. Nous ne rencontrons pas assez de difficultés pour la vente de nos produits » souligne-t-il. Selon ces dires, les producteurs ont bénéficié de quelques appuis /subventions du gouvernement qui leurs ont permis de produire les 05 hectares d’ananas « Nous avions aussi reçu l’appui technique du gouvernement à travers l’ATDA de Bonou pour les conseils techniques, et aussi l’appui du programme Defia » a-t-il ajouté.

L’agriculture constitue la base de subsistance pour des millions de personnes et l’amélioration du secteur agricole est une condition préalable au développement de nombreux pays africains. C’est que la commune de Bonou s’inscrit petitement dans cette dynamique instaurée par le gouvernement Béninois concernant la valorisation et la promotion des filières à valeurs ajoutées. La filière ananas est l’une des 13 filières agricoles prioritaires que le gouvernement du Bénin cherche à développer avec le soutien des partenaires techniques et financiers du pays. Sa croissance favorise l’amélioration des revenus de la population active rurale. Certains résultats montrent que, dans l’ensemble, les producteurs d’ananas ne sont pas efficaces techniquement. Le niveau moyen d’efficacité s’avère moins de 70% montrant ainsi qu’il existe des possibilités d’amélioration de la production en utilisant les mêmes quantités de ressources que celles disponibles actuellement.

Les producteurs les plus efficaces se trouvent parmi les producteurs qui respectent l’itinéraire technique recommandé. Il apparaît donc important que la vulgarisation de l’information technique doive être complétée par des appuis pouvant amener ces producteurs à mettre en œuvre convenablement l’itinéraire technique recommandé, notamment l’accès aux intrants de bonne qualité pour une parfaite production dans la commune.

Lire aussi: FILIÈRE ANANAS AU BÉNIN: Une source de revenu pour de millier de femmes rurales

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