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Agriculture

« GARI SONXWI » DE SAVALOU: Un label soutenu par le programme ACMA 2

La commune de Savalou est passée maître dans la fabrication de la variété de gari dit Sonxwi, une farine à base de manioc, devenue une activité dans laquelle beaucoup de femmes se spécialisent et qui représente pour elles, une importante manne financière. Une équipe de RURAL Bénin TV est allée à la rencontre de ces braves femmes Transformatrices de manioc en Gari, regroupées dans une Coopérative dénommée Nounangnon et soutenue par le programme ACMA 2.

Par Laure LEKOSSA

Le manioc est un produit incontournable dans l’alimentation locale. On note plusieurs dérivés de sa transformation dont le gari et le tapioca. Rencontré à Logbo, un village situé dans l’arrondissement d’ataké dans la commune de Savalou, Dame Cécile Akapko, présidente de la Coopérative Nounangnon, affirme que c’est compte tenu des nombreux produits issus de la transformation du manioc qu’elle a toujours voulu exercer cette activité de transformation du manioc en Gari depuis son bas-âge. « Faire le gari a toujours été mon activité préférée depuis que j’étais enfant. Et quand ma maman le faisait, je restais à côté d’elle et je la suivais, je travaillais aussi avec elle et quand j’ai grandi je me suis aussi lancée dans le commerce du Gari parce qu’il y a beaucoup de choses qu’on tire de la transformation du manioc qui peut donner de l’argent. J’allais payer le sac, que je revendais encore. Dans ce commerce, j’ai constaté que la qualité n’étais pas les mêmes, ce que maman faisait que je voyais était complètement différent de ce que je payais et revendais. C’est pour cette raison que moi-même j’ai pris la décision de vouloir transformer le manioc et produire le Gari moi-même. C’est comme ça que j’ai démarré avec la transformation du manioc en Gari

Compte tenu des nombreuses difficultés qu’elle rencontrait à l’époque, cette dernière jugé bien, de s’associer avec un regroupement de femmes du village pour ensemble travailler. D’où la mise en place d’une Coopérative dénommée Nounangnon. « Si tu auras assez de revenus après la commercialisation de ton produit, il faut que tu en produise en quantité. Et la production du Gari n’est pas un travail d’une seule personne, c’est pour cela qu’après maintes réflexions, j’ai commencé à parler aux autres femmes du village, pour qu’elles viennent afin qu’on travaille ensemble, histoire de nourrir nos familles. Elles ont accepté ma proposition et ensemble nous avions démarré les activités jusqu’à aujourd’hui » apprend elle avant de préciser que « nous étions au total 10 à démarrer quand j’avais exposé la requête, à la longue nous avions connu de nouveaux adhérents et ensemble nous produisons le Gari. Aujourd’hui, nous sommes 61 dans la coopérative. Et nous travaillons avec une équipe de 10 personnes par mois Nous avions commencé à participer à la foire qu’on organisait à l’époque. Et c’est comme ça que nous évoluons peu à petit ».

Sac de gari Sonxwi

Selon les nombreuses professionnelles du gari, Savalou est passée maître dans la fabrication du gari par une pratique spécifique : le mode de séchage avant de le cuire. Pour elles, c’est au feu doux que le gari cuit, pour garantir sa blancheur. Une chose que confirme Dame Cécile Akapko, présidente de la Coopérative Nounangnon à Savalou. « Ici à Savalou, c’est le Gari Sonxwi que nous produisons. Si tu prends notre gari, tu seras contente et très heureuse. Le secret du gari acide et du gari non acide existe et s’explique, selon le nombre de jours de séchage, le nombre de fois que l’on rince la pâte de manioc avant de démarrer le séchage. Tout dépend aussi de la variété de manioc » apprend-elle.

La variété Sonxwi étant très prisée, les demandes viennent de partout. Les femmes témoignent même qu’elles n’arrivent pas à les satisfaire toutes. Au même moment, le nombre de femmes qui se professionnalisent dans la fabrication et la commercialisation s’accroît chaque jour un peu plus. En effet, la transformation du manioc en gari suit un certain nombre de processus qu’elle précise « Nous cueillons d’abord le manioc dans les champs. Les racines de manioc fraîchement récoltées sont couvertes de terre et d’impuretés et certaines peuvent être endommagées ou pourries. Seules les racines saines (sans pourritures ni autres dégâts) doivent être transportées à l’usine. Une fois à l’usine, ces racines sont épluchées et après nous enlevons la pelure brune et l’épaisse couche crème en dessous. Ensuite nous choisissons des racines de manioc fraîches sans pourriture ni dégâts. Nous utilisons un couteau tranchant pour éplucher les racines et enlever l’écorce et retirer toutes les parties endommagées ou ligneuses. Après cette étape, nous lavons les racines épluchées dans de l’eau propre et nous frottons doucement les racines avec la lavette à récurer pour enlever les morceaux d’épluchures non enlevés et les impuretés. Nous vérifions aussi que les racines lavées sont propres et sans tâches. Après cela, nous passons au râpage des racines de manioc pour obtenir une pâte ou pulpe fait traditionnellement partie du processus visant à éliminer le cyanure et rendre les racines comestibles » explique dame Cécile Akapko présidente de la coopérative Nounangnon en ajoutant que, « le pressage et la fermentation complètent le processus d’élimination du cyanure de la pâte de manioc. Traditionnellement cela se fait avec des pierres ou des morceaux de bois que l’on pose sur les sacs pour faire sortir l’excès d’eau des sacs avec la pâte. Nous laissons ensuite les sacs égoutter et le contenu fermenter pendant quelques jours. Et enfin le gari est fabriqué en tamisant la pâte humide pour obtenir une semoule, puis en la torréfiant dans un plateau de torréfaction ou une poêle chauffée pour obtenir le produit final, sec et croustillant ».

Pour la commercialisation du gari souligne-t-elle, la coopérative Nounangnon est déjà reconnue un peu partout dans la région en matière de fabrication du Gari Sonxwi. Sur ce point, la commercialisation du Gari ne pose pas assez de problème. Elle affirme que le gari fabriqué par sa coopérative est très vendu. A en croire donc ses propos, c’est une activité fortement rentable. « Cette activité est très rentable parce que c’est avec le gari que j’ai pu supporter mon enfant jusqu’à ce qu’il aille à l’université. C’est avec l’argent du gari que j’ai pu construire la maison dans laquelle je suis. Et l’argent que nous trouvons nous ne les gaspillons pas au sein de la coopérative, nous faisons le partage égal au niveau de toutes les membres de la coopérative et toutes les femmes qui sont dans cette coopérative sont très à l’aise et contribue autant qu’elles sont aux besoins de leurs ménages respectifs ». En ce qui concerne le fonctionnement et la vie de la coopérative Nounangnon, Dame Cécile Akapko, présidente de la Coopérative Nounangnon précise qu’en dehors de quelques malentendus qui s’observent parfois au sein de la coopérative, tout se passe à merveille. Toutefois des difficultés persistent au niveau de la production fait-t-elle savoir. « Nous ne disposons pas d’une unité de transformation de Gari, nous sommes loger sous une sorte de hangar et quand la pluie arrive elle nous tombe dessus et nous n’arrivons plus à travailler ici. En plus de ça, nous ne disposons pas de forage, nous rencontrons aussi des problèmes liés à l’approvisionnement en eau ».

ACMA 2 le bienvenu…

« ACMA 2 a beaucoup fait pour nous ici à Savalou, c’est grâce à ACMA 2 que nous arrivons à calculer nos dépenses, ACMA 2 nous a formé sur les bonnes techniques de productions, sur la vie en communauté, sur la propreté au niveau des lieux de travail, vraiment sans ACMA 2 nous ne serions pas à cette étape. Et au nom de toutes les femmes de cette coopérative, je remercie infiniment le programme pour cet appui qu’il nous a apporté. Outre cela, il nous a construit un parc à Gari ici à Savalou ce qui a réjoui toutes les femmes. Tout cela a participé à l’augmentation de nos ventes donc de nos ressources. Je leur demande qu’il nous aident davantage en nous construisant des unités de transformations de manioc en Gari ici à Savalou surtout pour la coopérative Nounangnon ».

Le gouvernement, dans son Plan stratégique de développement agricole, a inscrit le manioc au titre des cultures prioritaires. Ce produit occupe la première place dans la culture des racines et tubercules. Cette filière constitue une composante importante de l’économie agricole du Bénin. Les dérivés du manioc, notamment le gari et le tapioca, autrefois exportés vers le Nigeria, le Burkina Faso, le Niger, le Mali, le Gabon…, peuvent positionner le pays sur les marchés régionaux et internationaux.

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